Oudelali !

Oudelali !
Bien le bijour ou le bisoir à tous et à toutes !

Et bienvenue sur ce petit blog où je vais regrouper mes 'tits textes.

Avertissement : ces textes prennent pour personnages principaux les membres du groupe Tokio Hotel, que je ne possède donc pas ;o) Je ne me fais pas d'argent sur leur dos z'en faites pô.
Sachez que dans ces textes il est souvent traité de twincest (relation entre les jumeaux) et de G/G (relation entre Gustav et Georg), relations pouvant être plus ou moins platoniques (plutôt moins que plus, donc déconseillé aux mineurs ^ ^;; ). Ces textes ne sont que pure fiction, mais si malgré tout ce qu'ils évoquent vous dérange, veuillez ne pas hésiter à quitter ce blog, personne ne vous en voudra ^_^

Donc bé niveau textes, voili ce que vous pourrez trouver, mis à jour au fur et à mesure :

OS :
Bienvenue à la fuck
Ski, sex and snow
Les charmes plus ou moins discrets de la vie conjugale
Farces ou friandises ?
Longueurs d'ondes
Empannage
Non-dits
That day

Blogs de traduction :
Celui qui regroupe les "petites" traductions
The Meridian Hour
Analyzed


Voili, n'hésitez pas à donner votre avis, et j'espère que vous passerez un bon moment ^_^

# Posté le samedi 17 janvier 2009 18:07

Modifié le vendredi 13 novembre 2009 08:59

Bienvenue à la fuck

Bienvenue à la fuck
Défi Manue

Sur une idée de Manue, voici un texte sur les jumeaux à la fac :D Elle a la B.U. j'ai l'amphi ; elle est vétérante de la fic je suis newbie, ayez pitié de moi >.< A la base le scénario est donc censé être « les jumeaux seuls dans un amphi, mais que peut-il bien se passer... », mais je l'ai tout d'abord agrémenté d'anecdotes. Toute ressemblance avec ma première année de médecine n'est pas fortuite ;o) Donc le texte ne vise qu'à sortir des conneries et un lemon ^_^ Il faudra de plus admettre que certaines choses ne sont pas du tout comme dans la réalité mdr (Que les jumeaux puissent voyager incognito, qu'ils soient francophones, capables de se sauter dessus... Et ce qui va le plus faire appel à votre imagination : que Bill sache danser ! XD) En avant donc pour du nawak' et un bon vieux PWP. Enjoy !



Les jumeaux Kaulitz se retrouvaient à Paris, ville des Lumières, dans un anonymat relatif, ce dont ils se félicitaient. C'était la fin du mois de mai, et pourtant le temps n'était pas au beau fixe. Le ciel se couvrait même de minute en minute, laissant présager une bonne petite ondée pour bientôt.

Ils se promenaient dans le quartier latin, et venaient de dépasser l'église Saint-Germain-des-prés. Tandis qu'ils attendaient, une rue un peu plus loin, que le feu pour les piétons passe au vert, Bill porta son attention sur la plaque derrière lui. « Rue des Saintes Bières. » Hein ? Il cligna les yeux, regarda de nouveau, mais il ne s'était pas trompé.

Il tourna la tête devant lui, et sur la plaque de l'autre trottoir était inscrit « rue des Saints Pères », ce qui paraissait déjà plus normal. Il se retourna pour inspecter la plaque dans son dos, et vit que des lettres avaient été ajoutées au tippex.

Il montra sa petite découverte à Tom, et, décrétant que c'était de bon augure, ils s'engagèrent dans la rue des « Saintes Bières ». Rapidement ils se mirent à longer un immense bâtiment beige à l'aspect très formel. Un drapeau français y était même accroché, et ils se demandaient bien ce que cela pouvait être. Ils arrivèrent au niveau d'une immense entrée. Sur la façade était écrit qu'ils se trouvaient en face d'une université, celle de Paris V.

Ils se jetèrent un petit coup d'½il rapide et entrèrent d'un même pas dans le bâtiment. Après tout, ils n'avaient eu jusqu'ici que le temps de suivre des cours par correspondance, et se disaient que visiter une fac leur permettrait d'échapper à la pluie et de découvrir ce qu'ils manquaient. Et puis, qui sait ? Peut-être que l'instruction universitaire avait du bon.

Ils pénétrèrent dans le grand hall et furent impressionnés par la taille du bâtiment, qui était loin de grouiller d'activité. C'était le milieu de l'après-midi, les gens devaient probablement tous être en cours.

Ils optèrent pour un couloir à droite, et se mirent à avancer. Tom passa la tête par une porte ouverte et recula avec un cri d'effroi. Dans la salle, sur une table d'aluminium, reposait... une jambe. Oui, oui, juste une jambe. Sans rien au bout. Remarquez, Tom était plutôt soulagé d'être tombé sur la jambe plutôt que sur le reste du corps.

Après cette découverte pour le moins refroidissante, lui et son frère firent prudemment demi-tour, et revinrent vers le grand hall. Ils virent un groupe de cinq personnes qui avaient l'air très excité et qui se pressaient devant les portes d'un amphithéâtre. Ils s'approchèrent du petit groupe, et se firent interpeller.

« Hey les mecs vous voudriez pas nous aider ? »

Ils acceptèrent et se virent demander d'ouvrir les portes de l'amphi ; Tom se chargea des deux battants de gauche, et Bill de ceux de droite.

A leur grande stupeur, ils virent quatre des garçons prendre le dernier et le soulever. Leur mains soutenaient son ventre et ses jambes, et lui avait relevé la tête et écarté les bras. Sans les quatre autres, on aurait pu dire qu'il volait. Les cinq garçons remercièrent les jumeaux et ceux au sol avancèrent et pénétrèrent dans l'amphi. Les jumeaux se précipitèrent à leur suite, et restèrent bouche bée devant le spectacle qui s'offrait à eux.

Les quatre garçons passaient au trot, portant toujours leur camarade, dans les allées de l'amphi, qui devait bien contenir cinq cents personnes, et chantaient dans un bel ensemble :

« Caaaaaaaapitaine Flam tu n'es paaaaaaaaas de notre galaxiiiiiiiiiiiie... Mais tu l'as traversée !! Capitaine Flam !! »

Le reste de l'amphi reprenait en ch½ur. Les jumeaux étaient abasourdis. Le prof continuait à parler comme si de rien n'était. Le « Capitaine Flam » fit, grâce à ses porteurs, le tour complet de l'amphi, sans omettre de passer sur l'estrade derrière le prof, puis revint vers la sortie.

Le petit groupe dépassa les jumeaux, qui se trouvaient toujours à l'entrée, et sortit. Tous les regards convergèrent vers les Kaulitz et plusieurs voix masculines leur crièrent : « ASSISES ! A-SSI-SEUH !! »

Penauds et se tassant sur eux-mêmes, ils s'approchèrent des places libres les plus proches, au fond, et s'assirent sur des sièges en bois qui fonctionnaient comme des strapontins. Plusieurs personnes assises là n'avaient, comme eux, aucune affaire, et ne semblaient prendre aucune note.

Leur voisin, un petit roux à lunettes, leur fit passer un exemplaire du 20 minutes. Il leur recommanda de faire comme lui, à savoir consciencieusement déchirer les pages du journal, en faire des boulettes et les jeter dans l'amphi.

Les jumeaux n'en revenaient pas, ils se demandaient si l'endroit où ils se trouvaient était bien une université. Ils se jetèrent un regard ébahi, puis se sourirent. Ils commencèrent à suivre les recommandations du rouquin, et s'en donnaient à c½ur joie.

Celui-ci leur montra qu'ils s'y prenaient mal, et leur enseigna une manière spécifique de faire les boulettes : avec une sorte de petite queue à l'arrière, ce qui donnait une forme plus profilée et aérodynamique. La boulette allait ainsi plus loin et arrivait avec plus de force sur le destinataire.

Lorsque les Kaulitz furent en panne de papier, ils reportèrent leur attention sur le prof, qui ne semblait pas avoir conscience du brouhaha permanent qui régnait dans l'amphi. Soudain, il prononça, dans le flot de son discours, le mot « sélection » et un immense cri jailli de cinq cents gorges : « Ssssssssssssssssssssssélection !! »

Les jumeaux sursautèrent devant cet ensemble parfait. Le fait que les élèves crient sur le prof se reproduisit plusieurs fois, et chaque fois les cris étaient déclenchés par un signal spécifique.

Par exemple le colorant « vert janus » devient « VERGE ANUUUUS-SSEUH » dans la bouche des élèves. Plus tard ils crièrent au prof « ERREU-REUH !! », et celui-ci s'excusa d'avoir buté sur un mot !

Les jumeaux pensaient être tombés dans la cinquième dimension, ils n'arrivaient pas à croire qu'ils étaient censés assister à un cours universitaire. Mais cette ambiance tout sauf scolaire était loin de leur déplaire.

Le rouquin leur expliqua qu'ils étaient à un cours de première année de médecine. Les élèves étaient des étudiants de l'université Paris Ile-de-France Ouest, alias P.O., mais il n'y avait pas de locaux disponibles dans leur université et ils suivaient donc, par voie de conséquence, leurs cours dans les locaux de Paris V.

Après ces petites explications, le roux tendit à chacun des jumeaux une feuille de papier en leur disant de faire un avion.

Les Kaulitz se sentaient plus à un cours de maternelle avec travaux pratiques qu'à un cours magistral de fac ! Les élèves discutaient en permanence, les boulettes volaient de tous côtés, ainsi que de temps à autres quelques avions justement.

Ils plièrent chacun un avion et s'apprêtaient à les lancer quand le rouquin les arrêta. Il leur expliqua qu'ils devaient attendre le signal avant de les lancer, et leur montra comment les envoyer le plus loin possible.

Il fallait tendre les bras, ramener les mains vers soi en joignant les paumes, les pouces vers le bas, puis coincer le bas de l'avion entre les auriculaires, et détendre les bras vers l'avant en séparant les mains pour lancer l'avion. Le roux leur promit un résultat sensationnel avec cette technique.

Les jumeaux tenaient leur avion dans la bonne position et attendaient. Soudain le signal qu'ils guettaient retentit, lancé par une voix de ténor : « Patrouille de France !! » Environ trois cents avions furent lancés en même temps dans l'amphi, voletant un peu partout. La technique de lancer était effectivement très efficace : les avions des jumeaux atterrirent sur l'estrade, derrière le prof.

Le rouquin précisa aux Kaulitz qu'ils assistaient au dernier cours de l'année, qui était donc particulièrement riche en agitation. Il n'avait pas encore fini sa phrase qu'une bande de garçons se levèrent de leur siège et coururent en file indienne jusqu'à l'estrade, où ils s'alignèrent.

Ils tournèrent le dos à l'amphi et baissèrent leur pantalon : sur chaque fesse était inscrite une lettre, et l'alignement des garçons permettait au message « BON ANNIVERSAIRE » d'apparaître. Les garçons tapèrent chacun sur leur fesse droite, puis se relevèrent en remettant leurs habits.

L'amphi entonna joyeusement « joyeux anniversaire » sous leur houlette. Ils regagnèrent leur place.

Bill se plaignit de la soif, et le rouquin lui fit passer une bouteille en plastique, qu'il prit avec gratitude. Il manqua s'étouffer à sa première gorgée, qu'il avait prise conséquente : « Mais c'est pas de l'eau !! » Le roux lui jeta un regard amusé « Qui t'a dit que ç'en était ? »

La bouteille était en plastique, ce qui avait induit Bill en erreur, et avait de toute évidence été remplie par un mélange de toutes sortes d'alcools incolores. La mixture était explosive, mais les jumeaux ignoraient à quel point et en prirent, sous les encouragements du rouquin, plusieurs longues gorgées, sentant leur estomac se réchauffer.

Les jumeaux sirotèrent la boisson pour le moins forte, finissant par vider la bouteille. Quelques minutes passèrent sans rien de notable, quand tout un coup un garçon se leva et hurla : « Attention ils arrivent !! ». Le rouquin se leva et gueula à son tour « Qui ça ?? ». Le premier lui répondit : « Les Indiens !! ». L'ensemble de l'amphi se mit à lancer des hululements en bougeant la main devant la bouche. Le dialogue reprit :

« Attention ils arrivent !!
- Qui ça ??
- Les mammouths !! »

Toutes les personnes présentes se mirent à taper des pieds sur le sol et des mains sur les tables : l'amphi tremblait. Les jumeaux participaient avec plaisir.

Un dernier échange retentit :
« Attention ils arrivent !!
- Qui ça ??
- Les examens !! »

Des cris déchirants s'élevèrent de toutes parts, et les cris aigus des filles faisaient penser aux jumeaux à l'un de leur propre concert.

Le roux tenta alors de se rasseoir, mais il omit de rebaisser son siège strapontin qui s'était relevé, et s'assit donc dans le vide. Blessé, tant à son postérieur que dans sa fierté, il se releva et hurla : « Major ! Ton Cul ! On l'a pas vu ! Major ! Ton cul ! On l'a pas vu ! »

Les autres élèves reprirent tous en ch½ur mais rien ne se passait. La chanson se transforma peu à peu en : « Il a pas d'orgaaaanes ! Il a pas d'orgaaaanes ! »

Finalement un jeune garçon tout gêné se leva. Toute la promo se mit à taper dans les mains en l'acclamant, et le garçon, qui avait donc fini premier aux concours de janvier, baissa son pantalon et l'arrière de son boxer, et tapota sa fesse droite, sous les hurlements de la foule en délire.

Puis il entonna l'hymne de la promo : « P.Oooooooo., P.Ooooooooooooo... P.Oooooooooo, P.Ooooooooooooo... », bien vite imité par les autres élèves.

A la fin de la chanson, un élève se leva dans l'amphi et hurla : « Si t'es fier d'être un primant tape dans tes mains ! Si t'es fier d'un être un primant tape dans tes mains ! Si t'es fier d'être un primant, si t'es fier d'être un primant, si t'es fier d'être un primant tape dans tes mains ! »

A chacune de ses pauses, environ la moitié de l'amphi, positionnée principalement sur les premiers rangs, tapait en rythme dans ses mains.

Il reprit sa chanson avec « doublant » au lieu de « primant », et ce fut à peu près l'autre moitié de l'amphi, plutôt en arrière, qui tapa de toutes ses forces.

Alors que le jeu semblait fini, le garçon reprit encore une fois la chanson, cette fois-ci avec le terme « triplant ». Sous les rires de tout l'amphi, une pauvre petite dizaine d'élèves hilares, au dernier rang, applaudirent en rythme.

Alors que les jumeaux, qui commençaient à être étourdis par l'alcool et l'agitation, pensaient que les animations touchaient à leur fin, un spermatozoïde géant en papier toilette, avec un corps d'environ un mètre et une queue tressée de trois, fut lancé dans l'amphi.

Il passa de rang en rang, il sautillait d'un endroit à l'autre. Un garçon finit par l'attraper, et sous les acclamations de la foule, qui l'appelait « Mister P.O. », il alla déposer le spermatozoïde devant le professeur, tel un trophée de guerre.

Ce qui s'avèrerait être la dernière chanson du cours fut entamée par tout l'amphi : « Nous en P.O. on veut du sexe sur la paillaaaaaaaaaaaasse, du sexe sur la paillaaaaaaaaaaaaasse, du sexe sur la paillaaaaaaaaaaaaaaaaaasse !! » Une jeune fille, Miss P.O. à ce que comprirent les jumeaux, rejoignit le mister sur la paillasse, et tous deux se lancèrent dans une danse serrée-collée des plus sexys, se tripotant ouvertement.

Bill était plutôt émoustillé par le spectacle et se sentait enhardi par le breuvage qu'il avait ingurgité. Avant que son frère ne l'ait réalisé, il s'était levé et approché de l'estrade (accompagné par les « ASSISEUH !! »).

Quand le couple miss et mister descendit de la paillasse, il prit leur place et se lança dans une danse sensuelle dont le principal mouvement était le déhanché.

Tom regardait le spectacle, hébété. Bill enflammait tout l'amphi, qui se mit à taper des mains pour l'encourager. Tom n'arrivait pas à détacher ses yeux de lui, et lorsque Bill tourna le dos à l'amphi durant sa danse, exposant son petit cul moulé dans son pantalon (que Tom jugea indécemment serré), Tom se sentit soudainement très à l'étroit dans ses propres vêtements.

Bill était applaudi, maté, sifflé, reluqué, et semblait parfaitement à son aise. Ses mouvements étaient fluides et il dégageait un magnétisme pour ainsi dire animal. Il déclencha un véritable tollé lorsqu'il souleva sa chemise étroite, découvrant ainsi son tatouage étoilé.

Ce tatouage faisait un effet incroyable à Tom, qui pour cette raison l'adorait : il lui donnait envie de dévorer son frère. Ce tatouage faisait un effet incroyable à Tom, qui pour cette raison le détestait : il aurait voulu être le seul à le voir et à en profiter.

Bill acheva sa danse par un clin d'½il et un léchage de lèvres des plus suggestifs, puis sauta de l'estrade pour rejoindre sa place en titubant vaguement.

Il se reposa à côté de Tom, le sourire aux lèvres et les yeux brillants. Tom avait l'impression que tout le monde le regardait, et pourtant il le voulait rien que pour lui. Il se sentait chaud et bizarre, et, vraiment, il voulait Bill. Pour lui seul.

L'amphi autour d'eux était plein de liesse, et lorsque le professeur déclara qu'il terminait là son cours, c'est-à-dire avec plus d'une bonne heure d'avance, un petit bruit de bisous fut émis par cinq cents bouches, en signe de remerciements pour cette délivrance précoce. Les élèves rangèrent leurs affaires, et quittèrent peu à peu l'amphi.

Les jumeaux n'avaient pas bougé d'un cil, et ils se fixaient toujours les yeux dans les yeux. Bill sourit et se leva alors que Tom continuait à l'observer. Il déambula dans l'amphi, désormais vide et calme.

Des tonnes de papiers jonchaient le sol, et Bill les faisait bruisser à chacun de ses pas. Il remonta sur l'estrade de bois et jeta un coup d'½il circulaire sur l'amphi.

Tom se leva à son tour et se rapprocha du premier rang, où il prit place, callé bien au milieu de la rangée. Il se trouvait extrêmement bruyant maintenant que l'amphi était désert, tout semblait résonner différemment dans l'immense pièce.

Il leva les yeux vers Bill et vit que celui-ci s'était adossé au tableau. La tête de Tom était légère et tournait agréablement.

Il sourit et, pris d'une impulsion subite qu'il ne chercha pas à réfréner ou à analyser, il se mit à taper des mains sur la table en bois et entonna « Nous en P.O. on veut du sexe sur la paillasse, du sexe sur la paillasse, du sexe sur la paillaaasse... »

Il vit clairement Bill tressaillir puis sourire, l'air incertain. Celui-ci se rapprocha de l'avant de l'estrade, en titubant légèrement, et grimpa sur la paillasse.

Il reprit sa danse, qui était encore plus lente et sensuelle que précédemment. Ses yeux, assombris, étaient fixés sur ceux de Tom, qui avait de plus en plus chaud, et bandait maintenant de plus en plus fort.

Bill bougeait sur le rythme de Tom, il ondulait des hanches, et lorsqu'il porta ses mains au premier bouton de sa chemise et le défit, le c½ur de Tom manqua clairement un battement.

Bill passa au deuxième bouton, puis au troisième, et finit par ouvrir entièrement sa chemise, qu'il ne retira cependant pas.

Tom ne put résister au spectacle. Il arrêta de chanter et claqua brusquement ses mains sur la table.

« Assise ! »

Bill haussa un sourcil interrogateur et s'arrêta de danser.

« ASSISEUH ! »

Bill sourit et s'assit au bord de la paillasse, les jambes pendant dans le vide.

Tom se leva de sa chaise strapontin, grimpa sur la table et passa sur l'estrade. Il s'approcha de Bill et s'avança entre les jambes écartées de celui-ci.

Il posa ses mains à plat sur les genoux de Bill et les finit glisser le long de l'intérieur de ses cuisses, puis les remonta sur ses hanches. Il caressa le torse pâle de Bill, et passa ensuite les doigts sur ses épaules.

Il lui retira avec douceur sa chemise, et saisit sa main dans les siennes. Il la porta à sa bouche et en lécha les doigts un par un, prenant son temps, suçant, léchant, embrassant, mordillant.

Il vit les yeux de Bill noircir et sa bouche s'ouvrir. Il relâcha sa main, s'approcha de son oreille et lui murmura d'une voix qu'il ne reconnut pas lui-même : « Je te veux... »

Il sentit Bill frissonner contre lui. Bill sentait terriblement bon. Son odeur était agréable, chaude et réconfortante. Et attirante, excitante.

Tom embrassa avec douceur le cou de Bill où palpitait une veine tentante. Il sortit sa langue, et une vague de désir lui tordit le ventre lorsqu'il entendit Bill gémir.

Ce son était absolument délicieux. Il se recula pour voir Bill, torse nu et jambes écartées, le rose aux joues. Ses yeux brillaient et sa respiration n'était pas normale.

Tom se sentait vraiment bien. Il avait chaud, sa tête était légère, il était excité, et Bill, Bill avait l'air aussi bien que lui.

Un sourire coquin se dessina sur les lèvres de Bill, il s'approcha de Tom à faire se frôler leurs lèvres, et chuchota : « Alors prends-moi ».

Tom respira le souffle de Bill et trembla sous ces mots à double sens. Il avança infimement sa tête, et leurs lèvres se scellèrent.

Tout d'abord ils restèrent ainsi, leur bouche simplement l'une contre l'autre. Le contact était doux, et électrisant.

Tom en voulait plus. Il écarta doucement les lèvres, et passa lentement sa langue contre la bouche toujours close de Bill.

Celui-ci ouvrit la bouche et sa langue vint timidement toucher celle de Tom. Elles se caressaient doucement, tournaient, dansaient. L'autre avait un goût extrêmement familier, mêlé à des vapeurs d'alcool.

Lorsque le piercing de Bill toucha la langue de Tom, celui-ci sentit ses orteils se crisper.

Le baiser, chaud et confortable, devint de plus en plus exigeant et excitant. Lorsque les jumeaux se séparèrent, ils haletaient.

Leurs yeux, qu'ils ne se souvenaient pas d'avoir fermé, s'ouvrirent au même moment. Ils regardèrent l'autre dans le fond des yeux, et se sourirent.

Ils n'étaient pas censés faire ce qu'ils faisaient, mais ils s'en fichaient complètement. Cette immense salle vide, où tant de choses pouvaient se passer, leur appartenait pour l'instant.

Personne ne viendrait les déranger puisque la salle était supposée être encore occupée, et se retrouver seuls dans ce très grand espace était à la fois impressionnant et, paradoxalement, intime.

Cet amphi était à eux, c'était un lieu où ce qui se passerait pourrait ne pas avoir d'importance, ou en avoir.

Cela ne comptait pas. Ce qui importait, c'était ce que le regard de l'autre leur renvoyait. A savoir du désir, et de l'amour.

Ils s'aimaient depuis toujours, et pour toujours. Miroir l'un de l'autre, ils se connaissaient par c½ur et ne voulaient pas penser pour le moment à ce que ce qu'ils faisaient impliquait. Ils voulaient juste penser à ce qu'ils faisaient.

Tom se pencha doucement vers Bill et vint mordiller son oreille. Ce dernier émit un son étouffé et pencha la tête sur le côté.

Tom ne se fit pas prier et descendit le long du cou de son jumeau, où il déposa de légers baisers papillons pour ensuite ouvrir la bouche et goûter voracement Bill, qui gémit de façon plus audible.

Ce son excitait terriblement Tom, il lui donnait incroyablement envie de l'entendre, encore et encore. Il voulait donner du plaisir à Bill, et que Bill montre à quel point c'était bon.

Il alternait baisers et mordillements dans le cou de Bill, descendant inexorablement sur son torse. Il vagabonda sur ses épaules puis vint errer près d'un téton, autour duquel il tourna avant de l'aspirer doucement entre ses lèvres.

Il le passa délicatement entre ses dents. Bill avait la tête penchée en arrière, les yeux mi-clos, et laissait échapper de douces plaintes.

Tom se redressa, se saisit des hanches de Bill, tira celui-ci vers lui, lui faisant ainsi quitter son perchoir, et le retourna contre lui.

Les mains de Bill vinrent s'appuyer contre la paillasse, et il tourna la tête vers Tom, le regardant, interrogateur, par-dessus son épaule.

Tom sourit et se jeta sur la nuque de Bill. C'était chez Tom un endroit très sensible, et il savait que ça le serait aussi chez Bill.

Il fit à Bill exactement ce qu'il aimait qu'on lui fasse, ce qu'il aurait aimé qu'on lui fasse. Bill gémissait et se tordait contre lui. Il se cambra en laissant échapper de ses lèvres le prénom de Tom.

Le ventre de Tom se contracta de désir. Bill gémissait pour lui, Bill gémissait son nom. C'était la chose la plus excitante qu'il ait jamais entendue.

Il continua à embrasser Bill dans le cou tandis que ses mains passaient lentement sur le torse de Bill, s'attardant sur les côtes et venant caresser à la limite du pantalon.

Les mains de Tom se posèrent sur la ceinture de Bill et se mirent à la défaire. Bill haletait de plus en plus précipitamment. Les mains passèrent ensuite aux boutons de la braguette, qu'ils défirent tour à tour.

Elles descendirent ensuite, et Tom, qui s'attendait à rencontrer un élastique, sentit son ventre se tordre lorsqu'il toucha à la place le membre chaud et tendu de Bill. Bill ne portait pas dessous.

Tom se sentait terriblement excité, et il voulait son frère. Il se mit à le caresser doucement, sur toute sa longueur. Bill se cambrait de plus en plus sous le contact.

Tom se mit à ronronner, et il déposa des baisers tout le long de la colonne vertébrale de Bill, s'agenouillant ce faisant.

Il arriva au jean. Il fit retirer chaussures et chaussettes à Bill et tira sur le pantalon, qui était donc le dernier vêtement qui lui restait.

C'était incroyable d'avoir Bill nu et dévoilé devant lui. Bien que Tom soit encore habillé, il se sentait complètement dépouillé. Bill le rendait absolument dingue. Et dépendant.

Tom le voulait, voulait le sentir, le toucher, lui donner du plaisir, le faire gémir, le faire crier. Le faire jouir. Il n'était pas maître de lui-même, il ne vivait à cet instant que pour Bill.

Il rapprocha une de ses mains du sexe de Bill et se mit à le branler à un rythme très lent. Son autre main s'approcha des fesses de Bill, rondes et parfaites.

Bill sentait bon, et Tom voulait purement et simplement le dévorer. Il voulait aussi venir en Bill, il imaginait déjà sa chaleur et son étroitesse autour de son sexe, qui pulsait douloureusement.

Tom voulait faire l'amour à Bill, et il voulait que ce soit bon pour Bill.

Il réfréna son envie de le prendre sur-le-champ et écarta de sa main les fesses de Bill. Son c½ur accéléra à la vue du petit trou rose qui apparut.

Il avait envie d'y coller la bouche, et c'est ce qu'il fit. Il n'était pas du tout dégoûté. Tout ce qui venait de Bill était bon, et ne pouvait qu'être bon.

Tom sortit timidement la langue et la fit tourner autour de l'anneau de chaire. Bill se cambra et émit un long gémissement plaintif.

« Encore... S'il te plaît Tom, encore... »

Tom accéda à la demande et engagea sa langue dans l'orifice. Il la fit aller et venir dans Bill. Le goût était musqué et fort, mais contenait le parfum habituel de Bill.

Tom était incroyablement stimulé par les gémissements de Bill. Il continua à faire aller et venir sa langue, à l'enfoncer de plus en plus loin. Il finit par se détacher de Bill et porta sa main à sa bouche, tout en continuant à le branler.

Il humidifia trois de ses doigts et approcha son index de l'intimité de Bill. Il l'enfonça petit à petit, rencontrant peu de résistance. Il laissa Bill s'habituer à la sensation, puis fit pénétrer son majeur.

Il sentit Bill se crisper et arrêta sa progression. Il embrassa le bas du dos de Bill et caressa son sexe avec plus de force. Il lui murmura de petits encouragements, et sentit qu'il se détendait.

Il réussit à enfoncer complètement ses deux doigts, et les fit lentement aller et venir. Il travaillait le muscle et le détendait.

« C'est comment ? » demanda-t-il à Bill.

Celui-ci était essoufflé.

« Hum assez bizarre je dois dire... Pas vraiment bon, pas vraiment mauvais. »

Tom savait que cela pouvait être bon, et il se mit à chercher à l'intérieur de Bill. Il savait qu'il y avait là quelque chose à trouver.

Et lorsqu'il trouva, Bill cria, les surprenant tous les deux.

« C'est bon ? »

« Oh putain oui... Encore ! »

Tom sourit contre Bill et retoucha sa prostate. Bill se contracta autour de ses doigts et gémit délicieusement.

Tom enfonça peu à peu son troisième doigt, et Bill finit par s'habituer à l'intrusion. Les doigts de Tom s'enfonçaient en lui, et il s'empalait dessus. Lorsqu'il fut tout à fait habitué, il se retira et se tourna vers Tom qui le lâcha.

Tom était surpris et incertain. Il se demandait si Bill voulait tout arrêter, mais lorsqu'il croisa son regard, il sut avec certitude que ce n'était pas le cas.

Les yeux de Bill étaient noirs de désir, et le fixaient avec détermination.

« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda Tom.

Bill esquissa un sourire coquin.

« Assise ! »

Tom sourit, se releva, ôta ses chaussures et s'assit sur la paillasse, où Bill s'était trouvé auparavant. Bill lui retira sa casquette et son t-shirt. Il caressa rapidement son torse, et vint déboutonner son baggy.

Tom se retrouva bien vite aussi nu que son frère, et cette situation était vraiment très excitante. Bill se colla contre Tom, l'embrassant, trouvant son propre goût dans la bouche de son frère. Leurs torses et leurs sexes se touchaient, et tout ce que les jumeaux voulaient, c'est que le contact dure encore et encore.

Ils voulaient sentir l'autre, et profiter de l'autre. Ils se respiraient et voulaient se fondre l'un dans l'autre.

Bill s'écarta de Tom et fit rapidement descendre sa bouche le long de son cou et de son torse, pour descendre vers son sexe.

Le membre de Tom pulsait sous l'excitation, il mourait d'envie que Bill le prenne dans sa bouche, qu'il le suce.

Il se sentait encore complètement vulnérable et à la merci de Bill, qui affichait un sourire carnassier. Tom ne pouvait détacher ses yeux de son regard, et il gémit de plaisir lorsque la bouche de Bill se posa sur son sexe.

« Ah ! Mm, encore, Bill... »

Bill sourit et lécha Tom sur toute sa longueur. Il le reprit dans sa bouche et entama un mouvement de va-et-vient, dont il profitait pour humidifier complètement le sexe de Tom.

Celui-ci savourait la fellation, mais il voulait Bill. Il avait préparé Bill, et voulait profiter de son corps chaud et accueillant.

Et surtout, il voulait être en Bill, et que Bill gémisse. Que Bill gémisse pour lui, et que Bill jouisse pour lui, alors qu'il le prendrait.

Comme s'il savait ce qu'il avait en tête, Bill se détacha de son sexe et se releva. Un sourire tendre ornait ses lèvres, et il embrassa profondément Tom, dont les bras se refermèrent autour de lui.

Ils se remirent dans la position qu'ils avaient adopté précédemment : les mains de Bill appuyées contre la paillasse, et Tom dans son dos.

Tom embrassa doucement la nuque de Bill, posa une main sur sa hanche et se saisit de son propre sexe, tout mouillé de la salive de Bill. Il fit glisser sa main de la hanche au dos et appuya, pour faire se cambrer un peu plus Bill.

Bill émettait de petits sons étouffés, tremblait d'excitation et se cambrait le plus fort possible. Tom approcha son sexe de l'entrée de Bill, et attendit.

« Tom, s'il te plaît, viens. Je veux te sentir en moi. »

Les mots retournèrent Tom et il faillit s'enfoncer d'un coup brusque et violent en son frère.

« Si tu veux que j'arrête, ou que je te fais mal... Tu le dis, hein ? »

Bill tourna la tête, un grand sourire sur les lèvres.

« Prends-moi. Tout de suite ! »

Tom se mordit les lèvres et enfonça doucement son sexe. Il progressait lentement, s'arrêtant pour embrasser Bill et murmurer à son oreille lorsque celui-ci était trop serré.

Il finit par s'enfoncer entièrement, et c'était la sensation la plus fantastique qu'il ait jamais ressentie.

Bill était encore plus chaud et étroit qu'il ne l'avait imaginé. Etre en lui était incroyable.

« Putain, tu es tellement serré... »

Bill se contracta autour de lui, et pendant une très agréable et très horrible seconde, Tom crut qu'il allait jouir.

Il gémit et sentit le son se répercuter en Bill. Il embrassa son oreille et entama un lent mouvement de retrait lorsque Bill lui envoya un coup de reins.

Tom avait conscience de chaque centimètre de son sexe qui quittait Bill, et c'était un délice, et c'était une torture. Il voulait être en Bill, qu'ils ne fassent plus qu'un.

Il se renfonça de nouveau puis se retira. Son mouvement de va-et-vient était lent et attentionné. Il posa sa main sur le sexe de Bill et se mit à le caresser. Bientôt Bill gémit un peu plus fort, et se mit à accompagner les mouvements de Tom.

Il cria lorsque le sexe de Tom heurta sa prostate, et le c½ur de Tom se remplit de fierté. Il s'apprêtait à accélérer lorsque Bill l'arrêta.

« Hey, je croyais que c'était du sexe SUR la paillasse que tu voulais ? En plus, je veux te voir. Et t'embrasser... »

Tom se retira de Bill qui se retourna, un sourire mutin sur le visage. Il s'assit puis s'allongea sur la paillasse, écartant outrageusement les jambes.

Tom se délectait du spectacle, et mourait d'envie de retrouver la chaleur accueillante de son frère. Il se positionna au dessus de lui, et l'embrassa tendrement. Bill était pris en étau entre deux températures : le froid du carrelage de la paillasse, et le chaud du corps de Tom.

Alors que le baiser s'approfondissait, Tom s'enfonça entre les jambes de Bill et rentra enfin de nouveau en lui. Bill referma ses jambes dans le dos de Tom, comme pour l'empêcher de partir, comme pour qu'ils restent toujours un.

Ils reprirent leurs mouvements. Bill ondulait sous Tom, il gémissait, tremblait. Il était de très loin le meilleur partenaire que Tom ait jamais eu.

Faire l'amour avec Bill, c'était incroyable. Bill savait exactement quoi faire, comment bouger, quand faire quoi. Et de même les mouvements venaient naturellement à Tom, qui savait ce qui donnerait du plaisir à son jumeau.

Chacun devançait les moindres désirs de l'autre. Mais ce qui rendait la chose vraiment unique, c'était de sentir l'amour déborder de soi, et d'être submergé par celui de l'autre. De vouloir se donner à l'autre et se fondre en lui. Et de savoir que l'autre ressentait exactement la même chose.

Tom allait et venait en Bill, il était comprimé, presque aspiré. Il caressait Bill partout où il pouvait le toucher, l'embrassait, l'aimait.

Bill sous lui se tordait, geignait, gémissait, criait, demandait plus. C'était terriblement excitant, et lorsque Tom sentit que son orgasme approchait, il saisit le sexe de Bill et le caressa au rythme de ses va-et-vient qui étaient de plus en plus forts et rapides.

« Viens Bill, viens pour moi... Allez, jouis... »

Bill cria à ces mots et se contracta fort autour de Tom. Il fut secoué de soubresauts, et Tom n'avait jamais rien vu de plus sexy que son frère en train de jouir.

Sans qu'il l'ait décidé, sa main lâcha le sexe de son frère et se dirigea vers le liquide blanc qui s'était répandu sur Bill. Ses doigts s'y trempèrent et il les porta à sa bouche.

Le goût était âcre mais pourtant doux, et étonnamment, sucré aussi. C'était le goût le plus intime de Bill, et cette simple pensée fit perdre la tête à Tom.

Il donna encore quelques coups de reins puissants et se sentit emporté par les sensations. Il jouit en criant le nom de son frère. Celui-ci sentit en lui un petit battement distinct, et se dit que sentir Tom jouir en lui était la chose la plus fantastique qu'il ait jamais ressentie.

La respiration haletante, ils restèrent l'un sur l'autre, l'un contre l'autre durant un petit moment. Tom finit par se redresser, il regarda attentivement Bill. Celui-ci était souriant et détendu. Ses joues étaient rouges, ses cheveux s'étalaient sous lui et de petites étoiles brillaient dans ses yeux.

Ils s'embrassèrent doucement, profitant de l'autre. Tom se retira lentement et Bill couina lorsque le liquide chaud s'échappa de son corps.

Tom rit et se saisit d'un des paquets de mouchoirs stockés dans sa poche (oui les grandes poches ça doit bien servir à quelque chose) et essuya Bill, lentement, tendrement.

Ils se rhabillèrent, s'étreignirent. Ils sentaient la sueur, l'alcool et le sexe. Et l'autre. Ils se sourirent, se prirent la main et quittèrent l'amphi sans un regard en arrière.

Oui, l'instruction universitaire pouvait vraiment avoir du bon.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 18:31

Ski, sex and snow

Ski, sex and snow
C'est à l'envers que les Tokio Hotel vivent : éveillés la nuit, endormis le jour, au soleil l'hiver, au ski l'été. Lorsque l'intégralité de l'Europe transpire sous une canicule des plus intenses (qualifiée d'historique par certains), il paraît donc des plus logiques qu'eux soient sous une violente tempête de neige.


Ils se trouvaient en Argentine depuis quelques jours, et si tout avait bien commencé et qu'ils avaient bien pu profiter de la neige (les jumeaux en snowboard, Gustav et Georg en skis à double spatules), en début de matinée de sombres nuages noirs fort peu engageants s'étaient accumulés au-dessus de leur tête.

Dès midi la neige s'était mise à tomber drue, accompagnée de fortes rafales de vent. Voyant cela (et accessoirement influencés par la fermeture rapide et successive de toutes les pistes du domaine), ils s'étaient décidés à rentrer le plus vite possible à leur chalet, et bien leur en avait pris : à peine la porte refermée derrière eux, une averse de grêle s'était déversée sur la station.

La tempête avait empiré et ainsi fait rage durant tout l'après-midi, qui avait été exploité par les quatre jeunes de la façon suivante : par une bonne sieste salvatrice. Car les vacances de ski sont clairement les vacances les plus fatigantes : non seulement on fait du sport, mais en plus on est obligé de se lever, car il est plus que rare de pouvoir pratiquer la descente de pistes en nocturne (auquel cas on passe en mode froid intersidéral et on dépense encore plus d'énergie).

Les quatre garçons ne furent donc pas mécontents du mauvais temps qui leur permettait fortuitement de s'adonner à une activité qu'ils appréciaient grandement. Les vertus de la sieste sont souvent mésestimées. Et quoi de plus agréable que d'être blotti au fond de son lit, bien au chaud sous les couvertures, lorsque l'on sait que dehors le vent bat, la neige fouette et le froid mord ?

Vers vingt heures Gustav fut le premier à émerger. Il était lui-même surpris d'avoir dormi si longtemps. Mais il est vrai qu'il avait accumulé la fatigue récemment, vu que leur rythme avait été vraiment soutenu durant leur dernière tournée, et que partir au ski ne l'aidait pas particulièrement à récupérer : entre les descentes à toute blinde, les longues soirées et les nuits raccourcies...

Tous étaient vraiment fatigués, mais pas mécontents d'être ensemble. En général ils se séparaient durant leurs périodes de repos, afin de prendre un peu de distance. Il n'était pas tous les jours facile de cohabiter dans un espace restreint sur une longue durée.

Mais maintenant que le groupe disposait de deux bus, les personnalités retrouvaient leur équilibre. Les jumeaux étaient de toutes façons toujours ensemble, donc pour eux ça ne changeait pas grand-chose. Georg et Gustav appréciaient aussi de se retrouver tous les deux, un peu éloignés des boules d'énergie qu'étaient les jumeaux.

Ils étaient tous les quatre arrivés fatigués mais contents à la fin de cette tournée, sans la sensation pesante d'être les uns sur les autres. Ils avaient donc tous accepté avec joie lorsque la production leur avait proposé un voyage au ski en Amérique latine.

Ils n'étaient pas franchement connus dans cette partie du monde, et même si l'accoutrement nécessaire propre à la pratique du ski permet facilement de ne pas être reconnu, il était tout de même agréable de pouvoir sortir faire les courses sans être assailli par des cris hystériques.

En baillant, Gustav s'attela (dans sa grande magnanimité) à la préparation du dîner. Il ouvrit le frigo, y jeta un ½il dubitatif, puis le referma. Il ouvrit le congélateur : bon, et bien ce serait pizza, pizza, ou bien... pizza.

« Va pour des pizzas alors », dit-il en saisissant les surgelés. Il sursauta en entendant la voix moqueuse de Georg : « Tu parles tout seul maintenant ? »

Il se retourna, lui tira la langue, et s'approcha de la table. Il posa son chargement et entreprit de faire chauffer le four. « Bien dormi Geo ? »

« Trop bien je dois dire. Comme quoi l'air de la montagne ça soûle. Tiens en parlant de ça, soirée beuverie ce soir ça s'impose nan ? »

Gustav haussa un sourcil : il ne voyait pas franchement en quoi ingurgiter assez d'alcool pour en venir à faire des choses dont on ne se rappellerait pas le lendemain matin s' « imposait », mais préféra ne pas soulever d'objection sous peine de se faire traiter de rabat-joie.

De plus ce soir il se sentait d'humeur à participer à une soirée avec les trois autres. Georg savait mettre l'ambiance, et même si sa connaissance des jeux à boire n'était pas la qualité que Gustav préférait chez lui, elle restait vraiment impressionnante. Et puis les jumeaux étaient d'agréable compagnie, surtout avec un coup dans le nez.

Aucun d'eux quatre n'avait l'alcool triste, et Gustav s'en félicitait : capitaine de soirée n'était pas un rôle qui lui tenait particulièrement à c½ur, et s'il pouvait s'amuser sans se sentir responsable de toute personne pouvant potentiellement, avec une certaine dose d'alcool dans le sang, se traîner par terre en hurlant à la mort, se mettre à pleurer à gros sanglots, ou menacer de se suicider, ce n'était pas plus mal.

Après restait évidement la question de boire à s'en rendre malade, mais Gustav se sentait moins concerné : tout le monde savait ce qu'il encourait en se cuitant. S'il était lui-même en état il serait bien sûr toujours disposé à aider quelqu'un à poser galette dans les chiottes, mais justement il ne se sentait pas obligé de rester maître de lui dans ce simple but.

Gustav enjoignit Georg d'aller réveiller les jumeaux (chacun sa croix). Georg partit en soupirant, intimement ravi que Gustav n'ait pas décliné sa proposition de cuite. Lorsqu'il avait trop bu, Gustav était particulièrement, hum disons coopératif. Et craquant.

C'est sur ces pensées qui faisaient naître un sourire au coin de ses lèvres que Georg se dirigea vers la chambre des jumeaux. Arrivé à la porte, son sourire s'effaça. C'était toujours une surprise d'aller réveiller les jumeaux. On pouvait aussi bien tomber sur un silence de mort (la pièce était vide), se faire agresser par un coussin ou autre objet (parfois contendant) lorsqu'une dispute avait lieu, ou même entendre des gémissements ô combien suggestifs.

Dans ce dernier cas Georg prenait toujours bien garde de frapper à la porte avec grand soin. Car tomber sur une dispute des jumeaux, c'était un traumatisme, mais il suffisait de refermer la porte et de se carapater.

Alors que de tomber sur ce qui provoquait ces gémissements... Peut-être bien que ça resterait imprimé à vie au fond de ses rétines. Une chose qu'il voulait à tout prix éviter. Il frappait donc avec force et laissait le temps aux jumeaux d'éventuellement se remettre de leur surprise et de regagner chacun leur lit.

Le moment qu'il appréciait alors le plus arrivait : il entrait dans la chambre, et se délectait (malgré l'odeur) du spectacle d'un des jumeaux faisant semblant d'avoir un rêve érotique. C'était juste irrésistible, et plus d'une fois il avait failli exploser de rire devant ces piètres performances d'acteur. Souvent il pariait avec lui-même pour savoir lequel des deux Kaulitz s'y collerait.

Il restait tout de même qu'il évitait autant que possible d'aller réveiller les jumeaux. Il inspira profondément et frappa à la porte. Il n'entendit rien, et se décida donc à ouvrir. Il entra dans la pièce plongée dans le noir le plus total, et laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité. Il parvint à distinguer un lit, mais réalisa rapidement que celui-ci était vide.

« Oh mon Dieu, il est vide. Faites que l'autre aussi soit vide mon Dieu, je vous aime je vous jure, faites juste qu'il le soit. » pensa avec force Georg.

Plein d'appréhension, il se tourna et se trouva face à l'autre lit. Qui était occupé. Ou qui n'était pas vide, si vous préférez.

« Oh mon Dieu, faites qu'un des jumeaux ait doublé de volume et qu'il n'y ait qu'une seule personne dans ce lit, je vous en conjure. » supplia Georg. Il s'approcha du lit.

« Putain mais va te faire foutre Dieu !!!!!!!! Pourquoi ça tombe toujours sur moi ?! » se révolta intérieurement Georg lorsqu'il découvrit les jumeaux incroyablement emboîtés l'un contre l'autre.

Il se détendit cependant lorsqu'il vit leur t-shirts (« Bon c'est bien Dieu, ça au moins t'as géré »), et les observa plus attentivement. Bill était tout collé contre le dos Tom, sa bouche dans son cou, et sa main sur son ventre.

C'était très intime, et en les découvrant ainsi, Georg se sentit un intrus. C'était une sensation qui se faisait rare : les jumeaux avaient depuis longtemps appris à laisser le plus à part possible leur univers commun lorsqu'ils étaient en public.

Georg se sentait gêné et coupable de les observer, mais en même temps il était fasciné. Les jumeaux étaient un mystère, on aurait dit qu'ils lisaient dans l'esprit de l'autre. Georg savait que quoi qu'il ferait, à quel point il passerait du temps avec quelqu'un, jamais il n'arriverait à comprendre une personne ne serait-ce qu'à moitié aussi bien que Bill et Tom se comprenaient.

Ils ne se ressemblaient pas, et parfois s'exaspéraient, mais il y avait toujours entre eux une connivence impressionnante. Les voir finir la phrase de l'autre était saisissant, et même si Georg n'aurait pas voulu se coltiner à vie l'un des deux jumeaux, il était envieux de leur relation.

Il décida de réfréner son envie machiavélique de les réveiller en sursaut, un peu pour se faire pardonner de les avoir vus ainsi. Ca le chiffonnait que ça ne soit pas Tom la grande cuillère, parce qu'il aimait bien le taquiner (Bill montait parfois sur ses grands chevaux lorsqu'on l'asticotait trop) et qu'il se doutait bien qu'il était plus agréable de se faire réveiller par son jumeau que par lui.

Il se pencha en avant et secoua doucement l'épaule de Bill en lui chuchotant de se réveiller.

« Gné ? Hein Tomi ? Keskispass' ? Pourquoi tu réveilles dormir vouloir pas content veux le chaud... »

« Même à un réveil difficile Bill a un débit de folie », constata Georg pour lui-même. « Hey grand c'est moi, on vous attend avec Gustav pour le dîner. Ok ? » dit-il. Il vit Bill tourner la tête vers lui, cligner ses yeux ensommeillés et acquiescer.

Il n'était pas certain que le message soit arrivé jusqu'au cerveau, mais par pudeur il préféra partir avant que Bill ne réalise dans quelle position il les avait surpris.

Bill renfouit avec délice son nez dans la nuque de son frère. Puis il ouvrit les yeux tout grands. Il venait de se caler dans le cou de Tom. Donc il était très proche de lui. Il prit alors conscience de leur disposition. Ils étaient comme ça alors qu'il y avait eu quelqu'un juste à côté d'eux... Et meeeeeeeerde...

Il était à présent parfaitement réveillé. Il soupira, puis se dit qu'après tout ça n'était pas si grave. Les G's étaient tolérants avec lui et Tom. Tom qui était là dans ses bras, et qui sentait si bon. Bill inspira profondément, savourant son parfum.

Puis il picora le cou de Tom de petits baisers, en s'approchant de son oreille où il lui murmura de se réveiller. Il regarda avec tendresse son frère émerger du sommeil. Il était choupinet avec ses dreads qui partaient dans tous les sens telles les serpents de la Gorgone moyenne.

Ils se firent un mini-câlin puis Bill s'extirpa du lit pour passer rapidement à la salle de bain, après avoir expliqué à son frère qu'ils passaient bientôt à table grâce aux bons soins des G's.

Tom resta chaudement emmitouflé dans la chaleur et l'odeur de son frère. Il finit par se réveiller tout à fait lui aussi, se sentant agréablement reposé, et s'étira comme un chat, dans tous les sens, détendant le moindre muscle.

Il se décida à s'extraire du lit et s'attacha les cheveux. Guidé par son estomac qui criait famine, il se dirigea vers la cuisine d'où émanaient de délicieux fumets.

Il trouva Gustav en train de se battre contre le four récalcitrant. Il portait un charmant petit tablier à fleur (sans doute le seul de ce superbe chalet meublé par une personne aux goûts de toute évidence plus ou moins douteux) et c'est armé de gants de cuisine qu'il s'escrimait contre la porte rebelle.

La table ronde était joliment dressée, et Tom se dit en s'asseyant que Gustav avait dû être fée du logis dans une vie antérieure. Georg fit soudainement irruption dans la pièce, l'air excité et les bras chargés de bouteilles.

« Trop cool les mecs on avait pas tout fini donc y'a de quoi faire ! Bières bien sûr, tequila et même de quoi faire des kiss cool : vodka, get 31, curaçao ! C'est la fiesta del sol ! » s'exclama-t-il joyeusement, son recourt à l'espagnol témoignant de son enthousiasme.

Gustav leva discrètement les yeux au ciel et dit : « Je comprends tout d'un coup pourquoi le frigo ne contient que des citrons... »

On aurait dit, tant son sourire s'élargit, que Georg venait d'apprendre que Noël tombait plus tôt cette année : « Tu décooooonnes ?! Nan c'est vrai, il reste des citrons ?? Trop bien !! Mais que demande le peuple ?? »

Gustav marmonna quelque chose à propos d'un foie sain et d'un estomac en place, et retourna à ses pizzas. Bill entra à son tour dans la pièce et se posa à côté de son frère.

« Bon les twins ce soir c'est soirée cuite et c'est moi qui mène la danse ! Aucune objection ne sera tolérée, et votre unique objectif ce soir c'est de finir à quatre pattes sous la table ! » annonça Georg.

« Quel excès de motivation ! J'aime quand tu te prends pour le boss, Georginouchet » répliqua Tom avec un grand sourire.

Gustav déposa une première pizza sur le dessous de table sans grande délicatesse. Pour ne pas dire violemment, au demeurant.

« Gustav tu es une mère pour moi ! » dit alors Bill avec un grand sourire. (La reconnaissance du ventre, encore une chose que l'on sous-estime à tort.)

Gustav s'apprêtait à répondre en se drapant dans sa dignité, mais quand il vit le visage de Tom un peu froissé par la remarque de son frère, il sourit finalement, l'air vaguement satisfait de lui-même, « nyââârk » pouvant se lire sur sa figure.

Les quatre garçons mangèrent en discutant. Georg était totalement focalisé sur les jeux à venir de la soirée. Y'avait-il des cartes à disposition ? Quoi jouer dans quel ordre ? Cap's, freeman, jeu de la malle, beuz', jeu du « dis citron »,... Il décida de faire dans l'original et laissa de côté les cap's. Il enjoignit cependant ses compagnons de commencer à entamer la soirée en buvant de la bière durant le repas.

Une fois les pizzas finies et un yaourt avalé, Georg agença la table selon ses v½ux pendant que les jumeaux s'occupaient de la vaisselle. C'était assez amusant de les regarder ainsi côté à côté, car leurs mouvements étaient parfaitement coordonnés.

Gustav avait été préposé à la recherche de cartes, et il revint victorieux de sa quête, satisfait d'avoir accompli sa mission. Une fois toutes les dispositions préalables prises, Georg s'éclaircit la gorge et annonça solennellement :

« Mes amis, je vous invite à prendre place à cette table. Puisse-t-elle être le témoin de cette soirée qui, espérons-le, restera dans les annales ! Tom, à ma droite ; Gustav, à ma gauche, Bill en face de moi. »

Une fois tout le monde bien installé, Georg leur expliqua qu'il avait pris sa décision et qu'ils allaient jouer ce soir à deux jeu seulement, mais non des moindres. Il leur annonça le jeu de l'as pour commencer, histoire de s'entamer vite et bien.

Il imposa la boisson : shots de tequila pour tout le monde. Il avait découpé de multiples rondelles de citron et avait sorti le sel afin que ces shots soient pratiqués dans les règles de l'art, à savoir avec une pincée de sel dans la salière du poignet de la main tenant la rondelle de citron et le verre dans l'autre, afin de pouvoir exécuter l'enchaînement suivant : léchage du sel, ingurgitation de la tequila et croquage du citron.

Il posa les cartes au milieu de la table, et ils commencèrent à jouer au jeu de l'as, jeu qui permet de boire à un bon rythme tout en s'amusant grâce aux nombreux mini-jeux et défis qu'il comporte.

Lorsque Georg estima que tout le monde était juste bien (une légère rougeur sur les joues et des rires sans raison, mais personne encore en train de gueuler), il fit arrêter le jeu, et décida de garder l'une des règles qu'ils avaient établie durant la partie et qui permettait à de nombreux verres d'être descendus.

Cette règle était toute simple, elle consistait à faire boire toute personne qui en montrait une autre du doigt (or, sachez-le, souvent lorsqu'un individu se trompe dans un jeu à boire, de nombreux joueurs lui crient dessus « tu bois !! », et bien souvent cette injection est accompagnée d'un index accusateur. Je vous laisse imaginer les résultats pervers d'une autre règle stipulant qu'il est interdit d'utiliser le mot « doigt » et l'expression « tu bois », car elle peut s'enchaîner dans le diabolique combo du « t'as montré du doigt, tu bois ! »... Mais là n'est pas le propos.)

« Allez les enfants, maintenant ça va être l'heure de sortir des dossiers ! Je vous propose en effet de passer maintenant à « j'ai jamais », ce si grand classique qui ne m'a jamais déçu », déclara Georg avec un immense sourire.

« Hum le « j'ai jamais »... Ah ouiiii !! C'est pas ce jeu grâce auquel on a appris que tu avais roulé une pelle à notre chien ? » demanda malicieusement Tom.

« Mais si mon cher, quelle mémoire ! Tu te souviens aussi que c'est grâce à lui qu'on a su que tu avais pissé au lit à l'âge de neuf ans ? » répliqua Georg le plus aimablement du monde.

Tom leva les yeux au ciel : « C'était une simple et unique fois et c'était parce que... M'enfin bon passons. Alors on y va c'parti ! »

Gustav intervint : « Nan mais attendez quand est-ce que vous avez joué à ça ? Je savais pas que tu avais un penchant pour les canidés moi ! »

« C'était un jour où tu étais allé chez le kiné pour tes jambes Gus' » lui répondit Bill. « Et crois-moi t'as rien manqué, les deux zigotos ont fini en mode « j'ai deux ans d'âge mental », c'était pas bien beau à voir ».

Georg et Tom affichèrent un grand sourire stupide à cette remarque, se reconnaissant parfaitement. Gustav se vit rapidement expliquer les règles par Bill.

« On joue dans le sens des aiguilles d'une montre. Celui qui a la main commence une phrase par « j'ai jamais... » ou « je suis jamais...», et toute personne ayant fait de façon effective ce qui est mentionné dans le reste de la phrase doit boire. Bon euh j'avoue on a sans doute trop bu pour que mon explication te paraisse claire, d'ailleurs même à moi elle me paraît bizarre, c'est rigolo parce que les mots ils sortent tous seuls de ma bouche sans passer par le cerveau on dirait qu'ils coulent, et donc ben on va faire un exemple. Genre si je dis « je suis jamais monté sur scène devant des milliers de personnes », on doit tous boire, parce qu'on l'a tous fait. »

Lorsque Gustav assura avoir bien compris le concept, le jeu débuta. Subissant son dépucelage à ce jeu, il eût l'insigne honneur de débuter.

« Euh ben euh... J'ai jamais... J'ai jamais possédé plus de, allez visons large, vingt casquettes à la fois ! »

« Woooouh atteution Tom tu as un ennemi ce soir ! » rit Georg alors que Tom souriait en tendant son verre.

« Ouais ouais c'est ça, vas-y, rigole tant que t'as des dents ! Et serre-moi un coup. » répondit Tom, la voix joyeuse.

« Tu veux quoi ? »

« Marre de la tequ' je passe au kiss cool. »

« Un kiss cool c'parti ! » Georg se saisit de la bouteille de get 31, en versa un doigt au fond du verre. Il compléta par deux fois plus de vodka, et une lichette de curaçao.

« Madame est servie ! A la tienne ! » encouragea Georg. Tom porta le verre à ses lèvres, et prit le mélange dans sa bouche. Il le garda en le remuant un peu, puis l'avala d'un coup et prit rapidement une longue inspiration entre ses dents serrées.

« Ouah ça rafraîchit ! T'as pas perdu la main Georg, il est toujours aussi bon. »

Georg se proposa de remplir tous les verres. Ce fut au tour de Bill de jouer.

« J'ai jamais eu d'herpès ! » s'exclama-t-il joyeusement. « Allez Herr Pès, tu bois ! »

Georg leva les yeux au ciel, marmonnant vaguement un « pas drôleuh », et but.

« Bon à moi. Je me la suis jamais pétée avec ma gratte fluorescente ! » déclara Tom.

« Nan mais même pas drôleuh pourquoi toujours moi ?? D'ailleurs je proteste je me la suis même pas pétée ! » argumenta Georg. « Bill ? »

« Euh je regrette Georg, tu te l'es pétée GRAVE avec ta basse fluo. » répondit Bill.

« Putain mais c'est la conspiration des jumeaux ! Gustav ? » supplia Georg.

Gustav secoua la tête, l'air navré. Georg regarda son verre. « Bon bah faut c'qui faut, pis on est là pour boire après tout ! » Il descendit de nouveau son verre puis enchaîna :

« Ouais c'est à moi ! Vengeance !! J'ai jamais eu de jumeau moi tiens ! » s'exclama-t-il en montrant les deux jumeaux, moqueur.

« Ouais, mais t'as montré du doigt, alors tu bois aussi ! » lui répliqua Tom.

« Scheeeeeeiiiiiiiiiiiiiiiiisse !! Mais bordel suis trop con ! En plus c'est moi qui ai insisté pour garder la règle... » s'exclama Georg en riant. Lui et les Kaulitz burent leur verre, et jetèrent un regard à Gustav : non seulement c'était son tour, mais il n'avait pas encore bu sur ce jeu.

« Hum... J'ai jamais... J'ai jamais mesuré plus d'un mètre quatre-vingt. » dit-il.

Les autres lui jetèrent un regard navré. « Woah, attention scoop. »

« Ben quoi ? C'est vrai ! Pis bon comme ça ça fait boire les jumeaux ! » répliqua-t-il.

« Ouais c'est pas faux Gus', merci du soutien ! » dit Georg en lui tapant dans le dos. Les jumeaux burent, et ce fut au tour de Bill de jouer.

« J'ai jamais passé tout un concert assis et sans jamais mater les fesses des trois super beaux mecs devant moi ! » déclara-t-il.

Gustav prit une délicate teinte vermillon. Georg se mit à rire, et Gustav tenta vaguement de bafouiller : « Mais pas ma faute z'êtes juste devant et... »

« Allez pas de ça, tu bois ! » l'enjoignit Bill avec un sourire éclatant.

Gustav approcha le verre de ses lèvres, vaguement suspicieux à cause de la couleur bleue dûe au curaçao. Il consomma sa boisson de la même façon que les autres et fut pris d'une énorme quinte de toux au moment où il inspira entre ses dents serrées.

Les autres éclatèrent de rire, et saluèrent sa performance : « Il est des nôôôôôtres ! Il a bu son verre comme les auuuuuuuuuutres ! »

Tous sentaient que tout l'alcool qu'ils avaient ingurgité jusqu'ici commençait à faire plus qu'effet, et aucun ne se sentait bien maître de ses actes. Ce fut au tour de Tom de jouer.

« Boarf j'ai pas trop d'idée... J'ai jamais embrassé Georg ! » dit-il sur le ton de l'évidence, il voulait simplement faire un coup nul.

Mais de vermillon, Gustav passa à écarlate avec reflets pourprés. La mâchoire de Tom lui en tomba, puis, sans qu'il ait le temps de réaliser ce qu'il se passait, Georg s'approcha de lui, l'embrassa à pleine bouche puis s'éloigna.

« Quoi ? Quoi quoi quoi quoi ? Nan mais QUOI ? Pourquoi tu rougis toi ? Et toi t'as cru que tu venais de faire quoi là ?!?! » s'écria-t-il, pointant tout d'abord Gustav puis Georg de son index le plus outré. (Je vous laisse imaginer les conséquences de cette intervention si la règle qui consiste à boire quand on dit « quoi » avait été instaurée...)

Celui-ci lui répondit, l'air de rien : « Je t'ai fait mentir à ton « j'ai jamais », donc tu bois ! En plus t'as montré du doigt, alors tu rebois ! »

Tom protesta : « Hey mais c'est pas du jeu ! Tu triches ! »

« Bah tu m'as embrassé oui ou non ? »

« Meuh nan, c'est toi qui m'as embrassé ! »

« Ouais bah je t'ai embrassé, on s'est embrassé : tu bois ! »

« Tssss... »

Tom fendit ses yeux en un regard assassin, et porta son verre à sa bouche, par deux fois. Gustav baissa la tête et but lui aussi. Georg affichait un sourire satisfait.

« Allez Tomichou fais pas une tête pareille ! Et tu sais très bien qu'on peut pas forcer quelqu'un à donner des détails sur quand il a fait le « j'ai jamais » ! » argua Georg, tout en remplissant les verres vides et en distribuant les bouteilles de bière.

« Certes mais là suis choquifié ! T'es prêt à tout pour me faire boire hein ? Pis y'a Gustav aussi il cache plein de trucs en fait. » observa Tom.

Un changement s'opéra en Gustav, et Georg le remarqua immédiatement. Ce qu'il avait voulu obtenir avec cette soirée était en train de se produire. Gustav releva la tête et sourit malicieusement.

« Meuh nan je cache rien, c'est juste toi qui demandes pas ! Mais en plus maintenant on a tous les deux embrassé Georg, suis plus tout seul ! Sale méchant, normalement t'as pas le droit hein, que ça se reproduise pas !! »

« Hey mais c'était contre ma volonté là, vous savez pas reconnaître une tentative de viol quand vous en voyez une ou quoi ? » s'outra Tom.

« C'est sûr t'es tellement un sex-symbol mon pauvre, ça doit pas être facile à vivre tous les jours » se moqua Bill.

« Hey toi la copie conforme chut ! » lui rétorqua son jumeau.

« Si c'est pas beau l'amour fraternel ! » s'extasia Gustav. « Ca donne envie de bisous ! »

Les jumeaux le regardèrent, ébahis. Georg riait quant à lui doucement dans sa barbe inexistante. Il adorait le dark side de Gustav, celui qui ressortait sous l'alcool, et qui le faisait agir d'une façon délicieuse. Georg s'en lécha les lèvres, sa propre tête tournant agréablement.

« Hey au fait c'est à moi. Bon allez parce qu'ils ont pas encore assez bu ces deux-là : j'ai jamais eu de tatouage ! »

Bill et Gustav trinquèrent, et vidèrent leur verre. Ce fut au tour de Gustav de jouer.

« J'ai jamais embrassé quelqu'un qui avait embrassé Georg. »

Bill leva son verre, les joues roses, et but résolument sous le regard des trois autres. Gustav fixa Georg.

« Ben quoi ? » demanda celui-ci.

« Ben tu dois boire. »

« Quoi ? Comment ça ? »

« Ben t'as déjà embrassé quelqu'un qui t'avait embrassé, alors tu bois ! »

Georg ouvrit de grands yeux. « T'es sérieux là ? »

« Ben oui t'as cru quoi ? Suis diabolique moi ! » répondit Gustav avec un sourire affichant l'innocence la plus totale.

« Eh ben, si on m'avait dit un jour... » Georg branla la tête, et but.

« A moi. » enchaîna Bill. « Hum, j'ai jamais... couché avec un garçon. »

Tom lui jeta un regard interloqué, et porta son verre à ses lèvres. Il fut bientôt imité par les deux G's. Bill eut alors un sourire hautement satisfait, et descendit son verre cul sec.

« Et bien comme quoi mes petits z'amis, tout le monde est un sacré cachottier ici dis donc ! » constata Georg.

« C'est marrant mais j'ai l'impression que c'est pas fini. » ironisa Tom. Un sourire vaguement machiavélique se dessina sur ses lèvres et il fixa Georg. « D'ailleurs c'est à moi. J'ai jamais vu les deux G's s'embrasser. »

Les autres haussèrent les sourcils, étonnés. Tom continuait à fixer Georg.

« Ben alors Georg ? Et moi qui croyais que tu étais prêt à tout pour me faire boire ? Suis déçu là. En plus ta nouvelle technique c'est pas de faire mentir les autres à leur « j'ai jamais » ? » demanda-t-il sur un ton provoquant.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« T'as très bien compris ! »

Gustav intervint : « Oui en tous cas moi j'ai compris ! Il veut qu'on se fasse un bisou comme ça il boit ! Parce que comme ça il aura vu ! Viens ici pour faire un bisou Georginouchet ! »

Georg se retrouvait pris à son propre jeu. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour protester mais Gustav se jeta sur lui en s'empara de ses lèvres, plein de passion. Surpris par ce baiser, sa chaise tomba à la renverse et il se retrouva bien vite avec Gustav au-dessus de lui, toujours attaché à ses lèvres, et qui commençait à gémir de la plus excitante des façons.

Georg haussa intérieurement les épaules et prit le parti de profiter du baiser. Ce n'était pas si souvent que Gustav prenait l'initiative, autant saisir cette chance. Il referma ses mains sur les hanches du batteur.

« Ah ouaiiiiis carrément » commenta Tom en vidant son verre. Lorsqu'il le reposa il tourna la tête vers Bill, qui venait lui aussi de boire. Un peu de liquide lui restait sur les lèvres, et Tom ne put résister à l'envie de se pencher en avant et de lui lécher la bouche pour en ôter tout le bleu.

Bill sourit largement, dévoilant ses dents elles aussi légèrement bleutées, et vint se frotter contre Tom en ronronnant. Il chuchota à son oreille : « Hey dis, on vire les G's sur le canapé et on remplit notre objectif de la soirée ? Tu sais bien, finir à quatre pattes sous la table... »

Bill mordit alors le lobe de l'oreille de Tom, et celui-ci sentit clairement quelque chose disjoncter en lui. En temps normal déjà Bill pouvait faire de lui ce qu'il voulait. Mais là il le rendait tout simplement dingue.

Il était prêt à tout pour profiter de lui, pour sentir son corps et le dévorer tout entier. Pour l'avoir rien qu'à lui.

Comme monté sur ressorts il bondit sur ses pieds. Il se dirigea vers Georg et Gustav qui s'embrassaient toujours à pleine bouche et tapota sur l'épaule de ce dernier, qui émit un grognement de mécontentement mais finit par tourner la tête vers Tom.

« C'est pour quoi ? »

« Euh ouais ça surprend mais finalement vous êtes mignons tous les deux et... »

Le regard de Gustav s'éclaira : « C'est vrai ? Oh super Tomichou t'es trop fort tu sais ! Juste parfois tu t'approches trop de mon Geo mais je t'aime tu sais ! Tu veux un bisou ? »

Georg rit : « Oui moi aussi je t'aime ! Même si t'es trop con ! Mais t'as pas intérêt à accepter ton bisou hein ! Sinon c'est bottage de fesses en bonne et dûe forme ! »

Tom sourit devant ses deux amis bien torchés, mais son excitation suite à la provocation de Bill le tiraillait désagréablement, et donc plus vite ces deux-là seraient hors d'état de nuire, plus vite il pourrait retourner auprès de la bombe qui lui servait de frère.

« Ouais les mecs je vous aime aussi, allez on se lève là ! » Il tira avec difficulté les deux G's sur leurs pieds, et parvint à les amener sur le canapé, malgré leur titubement à tous trois.

« Voilà amusez-vous bien ! » déclara-t-il en s'éloignant. Une immense sourire se dessina sur les lèvres de Gustav : « Ouiiiiiiii on va bien s'amuser ! Pas vrai Geo ? Parce qu'on va baiser hein dis ? Hein ? »

Le ventre de Georg se contracta, et il fut pris de l'envie soudaine de purement et simplement arracher ses vêtements à Gustav et de le violer sans autre forme de procès. Au lieu de quoi il se pencha en avant, embrassa ses lèvres et murmura contre sa bouche gonflée par les baisers : « Ouais t'inquiète pas... Je vais te prendre si fort que tu sauras même plus comment tu t'appelles, et demain tu auras du mal à t'asseoir. »

Les yeux de Gustav brillèrent, et il se mordit la lèvre inférieure, sa gorge émettant un gémissement étouffé. « Oh oui si on faisait ça, ça a l'air très amusant ! » Il replongea sur Georg et se mit à le caresser avec ardeur. Il s'allongea sur lui et se mit à consciencieusement frotter son bassin contre celui de Georg, qui se sentait de plus en plus excité et avait bien du mal à se retenir de malmener Gustav.

Tom quant à lui était retourné s'asseoir auprès de son frère, et s'était jeté sur sa bouche. Il retrouvait son goût si délicieux derrière les effluves d'alcools, et tout ce que cela provoquait en lui, c'était une sensation de manque de plus en plus intense, et d'excitation de plus en plus insupportable.

Bill se dégagea de ses lèvres et commença à dévorer de baisers le cou de Tom, qui se sentait perdre tout contrôle de lui-même. Bill était concentré sur sa nuque et les soins qu'il prodiguait à cet endroit si sensible étaient tout bonnement divins.

« Encore ! » gémit Tom à son oreille.

Bill se recula et sourit malicieusement. Il fit un clin d'½il à Tom, et se laissa glisser le long de sa chaise, disparaissant sous la table. Le souffle de Tom se coupa lorsqu'il sentit les mains de son frère remonter le long de l'intérieur de ses cuisses pour venir ouvrir sa ceinture.

Il sentit tirer sur son pantalon et souleva donc ses hanches. Son futal ainsi que son boxer furent tirés sur ses cuisses, et avant même qu'il n'ait eu le temps de s'y préparer, une bouche chaude et avide se refermait sur son sexe.

La sensation lui fit tourner la tête, et il crut presque qu'il allait jouir sur-le-champ. La bouche de Bill l'engloutissait, sa langue courait et s'enroulait sur lui. Le piercing dur offrait un contraste saisissant avec la langue si douce.

Bill le léchait, le suçait, l'embrassait. Ce qu'il faisait était tellement bon et excitant... Il se concentrait autour du gland, puis descendait en tournoyant, remontait en serrant les dents, et sa langue rendait Tom fou.

Bill savait comment donner du plaisir à Tom, et ne s'en privait pas. Il voulait voir son frère au bord de l'extase, le voir le supplier.

Tom ne pouvait empêcher ses gémissements de franchir ses lèvres. Il prononçait le nom de son frère, et le plaisir l'emportait dans des volutes tourbillonnantes.

Le souffle de Tom s'accélérait de plus en plus. Il n'en revenait pas des sensations que Bill faisait naître en lui. Il l'excitait à un point incroyable, et l'électrisait au moindre de ses contacts. Il décida qu'il allait le faire jouir, fort.

Il s'avança sur sa chaise et se laissa à son tour glisser sous la table. Il se retrouva face à Bill, plus excitant que jamais, sa bouche luisante entr'ouverte en un sourire provoquant.

Tom se jeta sur ses lèvres et ses mains coururent sur Bill, soulevant son t-shirt et le caressant partout où c'était possible.

D'autres mains parcouraient elles aussi d'autres corps. Les G's avaient ôté leur t-shirts et se tripotaient allégrement. Gustav était à califourchon sur Georg, et ses mains descendaient de plus en plus bas sur son torse.

Il laissa glisser ses doigts le long de la ceinture du pantalon, et cela rendait Georg fou. Il voulait plus. Il avança ses mains sur celle de Gustav et lui fit défaire sa ceinture, pour ensuite aller défaire lui-même celle du batteur.

Ils ôtèrent leur pantalon et se retrouvèrent en caleçon. Georg assit Gustav sur le bord du canapé, lui enleva son dessous, et vint se placer à genoux entre ses jambes écartées.

Il monta sa main au niveau de la bouche de Gustav et lui mit trois doigts dans la bouche. Celui-ci les lécha et les suça avec ardeur, attendant impatiemment la suite.

Georg descendit sa main et s'approcha de l'intimité de Gustav. Il lécha toute la longueur de son sexe pendant qu'il posait ses doigts sur son entrée.

Sa bouche se fit plus câline lorsqu'il enfonça un premier doigt en Gustav. Lorsqu'il enfonça un deuxième doigt, il sentit Gustav se crisper et sa main libre vint elle aussi se poser sur le sexe gonflé du batteur.

Il se mit à branler Gustav au rythme des va-et-vient de sa bouche, et celui-ci se cambra tout en se mettant à haleter et à gémir de plus en plus fort.

Lorsque Georg vit que Gustav ne ressentait plus de douleur, il enfonça lentement son troisième doigt. Il se concentrait sur la fellation et détendait peu à peu le muscle. Bientôt Gustav se mit à s'empaler sur ses doigts.

Georg le retourna alors, le mettant à genoux sur le canapé, et sortit son propre sexe qu'il approcha de l'entrée de Gustav, tout en continuant à caresser ce dernier.

Il s'approcha de son oreille et murmura « Je sais bien que tu as des ailes maintenant, mais là c'est quand même moi qui vais te faire décoller. » Il s'enfonça alors lentement et régulièrement en Gustav, jusqu'à la garde.

Sous la table, Tom se détacha de Bill. Ses yeux étaient noirs de désir. Il dévorait son frère du regard, et lui dit : « Déshabille-toi. »

Bill sourit et haussa un sourcil moqueur.

« Tout de suite » ajouta Tom, pendant que sa main soulevait son large t-shirt et commençait à caresser son sexe qui pulsait.

Devant ce spectacle Bill émit un grondement et commença à balader sensuellement ses mains sur son corps. Il se caressa le torse, et descendit vers ses hanches. Il attrapa son t-shirt et l'ôta.

Il reprit ses caresses, et son doigt vint faire le tour de la partie visible de son tatouage étoilé. Tom était complètement subjugué par les mouvements de Bill. Il n'avait jamais rien vu d'aussi excitant que son frère, et celui-ci agissait dans le seul but de lui faire perdre la tête. Et ça marchait.

Bill glissa son index sous le bord de son pantalon, puis défit lentement sa braguette, un bouton après l'autre.

Il continuait à se caresser sans toucher franchement son sexe, et Tom avait la gorge sèche en le regardant faire.

Bill finit par retirer son pantalon et son boxer, et il s'assit en écartant outrageusement les cuisses. Il lécha ses doigts, ses yeux profondément ancrés dans ceux de Tom, puis il fit descendre sa main jusqu'à son sexe qu'il empoigna.

Il se caressait lentement, en se léchant les lèvres. Soudainement il laissa échapper un gémissement : « Oh oui, Tom... »

C'en fut plus que ce que Tom pouvait supporter. Il se jeta sur Bill, se shootant à son odeur, savourant son goût, profitant de sa douceur et de sa chaleur, incroyablement stimulé par les bruits de plaisir qu'il émettait.

Bill qui gémissait pour Tom, c'était ce qui excitait le plus ce dernier. Ses mains étaient partout sur Bill. Il empoigna le sexe de son jumeau et commença à le branler à un rythme lent affreusement frustrant pour Bill, qui ne manqua pas de manifester son mécontentement.

Tom sourit, embrassa profondément Bill, laissant leurs langues se mêler, puis déposa de nombreux baisers dans son cou, sur son torse, sur ses tétons, dans son nombril, sur son sexe. Il en lécha la longueur puis continua à descendre.

Il prit les testicules de Bill dans sa bouche, et sentit celui-ci se cambrer. Bill gémissait de délice et balançait ses hanches en avant, en demandant plus.

Tom remonta et exerça une forte succion sur le gland du sexe tendu qui s'offrait à lui. Il mit ensuite ses doigts dans sa bouche, les humidifia, et vint caresser juste derrière les testicules de Bill, zone ô combien sensible.

Ses doigts avancèrent plus avant et il se mit à caresser l'anus de son frère. Bill tressaillait sous ses doigts et suppliait : « Ah Tom encore... S'il te plaît encore... »

Tom enfonça un premier doigt en Bill, puis un deuxième. Il laissa à son frère le temps de s'habituer avant d'y rajouter le troisième.

Il fit bouger ses doigts et toucha cette zone si particulière qui donnait tant de plaisir à Bill. Celui-ci cria sous l'intensité du plaisir, et ses bras se nouèrent autour du cou de Tom.

« Tom prends-moi... Prends-moi tout de suite ! »

Il finit de déshabiller Tom puis se mit à quatre pattes, présentant à son frère ses fesses si joliment rebondies.

Celui-ci était incapable de réfléchir, tout ce qu'il savait c'est qu'il voulait Bill, et qu'il voulait que Bill ait du plaisir, gémisse son nom, se torde de délice.

Il approcha son sexe de l'entrée si tentante de Bill, et s'enfonça en lui, doucement et profondément.

Il entama un mouvement de retrait et se renfonça brusquement. Ce que Gustav pouvait être serré ! Georg adorait définitivement le prendre. En plus là comme il était bourré, il était particulièrement expressif, et cela excitait d'autant plus Georg.

« Oh oui mon Geo... Vas-y... Plus fort... Plus fort. Plus fort ! » suppliait Gustav, dont les hanches venaient rythmiquement à la rencontre du bassin de Georg, cherchant le meilleur angle pour que sa prostate soit touchée par le sexe qui venait en lui.

Le bassiste renforça sa prise sur les hanches de Gustav, et se mit à le marteler de plus en plus fort. Le plaisir montait en lui par vagues, et la vision du dos humide de Gustav, qui se cambrait et ondulait, ce qui faisait sembler que son tatouage ailé était animé, était un pur délice qui rapprochait d'autant l'orgasme de Georg.

Soudain Gustav stoppa tout mouvement et se dégagea de l'emprise de Georg. Il se retourna, l'embrassa avec passion, et l'allongea avec autorité sur le canapé. Il grimpa par-dessus-lui, et s'empala sur son sexe tout en se caressant.

La vision était presque trop pour Georg, qui sentait qu'il allait se faire submerger par son excitation.

Il repoussa la main de Gustav et se mit à branler son sexe avec fureur. Gustav gémissait et se tordait sur Georg, et il entama un mouvement de va-et-vient de plus en plus ample et rapide, en accord avec la vitesse que Georg appliquait sur lui.

Il regardait le visage de Georg, se délectant de sa rougeur, et lorsqu'il le vit fermer les yeux et pencher la tête en arrière, il se sentit partir.

« Ah putain Georg trop beau bordel ! Aaaah !... »

Il se répandit sur le ventre de Georg, se contractant autour de lui, et Georg s'enfonça encore deux trois fois brutalement et avec force dans le petit corps étroit du batteur, avant d'être lui aussi emporté par son extase.

Gustav s'effondra sur lui, et il profita avec plaisir de son corps dense, chaud et humide sur lui.

Tom se perdait en Bill. En lui, c'était si chaud, si étroit, si tendu, si serré, si brûlant. Si satisfaisant. Tom gémissait sans pouvoir se contrôler.

Bill balançait ses hanches sous lui, accentuant l'amplitude de ses va-et-vient. Tom embrassa la nuque de son frère, et glissa une main le long de son aine pour aller saisir son sexe.

« Oh oui Tom ! Encore... » demanda Bill.

Tom raffermit sa prise et se mit à caresser son frère, tout d'abord lentement, puis accélérant à mesure que Bill gémissait, suppliait, ondulait et se tordait sous lui.

Bill se sentait emporté par les sensations. Tom ne faisait plus qu'un avec lui, il s'enfonçait en lui de plus en plus vite et de plus en plus loin. Sa main sur son sexe était délicieuse et le touchait de la plus parfaite des manières.

Lorsque Tom se mit à frapper la prostate de Bill à chaque nouveau coup de butoir, le plaisir submergea Bill et il jouit avec force, son sexe se contractant dans la main de Tom.

La pulsation rythmée de la convulsion de son anus fit jouir Tom à son tour, et il se libéra avec délice en Bill, gémissant, ses spasmes l'emportant hors de lui-même.

La respiration hachée, il se laissa tomber sur Bill et les fit tous deux rouler sur le côté. Tom était toujours en Bill et ils reprirent la position qu'ils avaient eue pendant leur sieste, mais ce coup-ci, c'était Tom la grande cuillère.

Ils s'endormirent à mesure que leur respiration retrouvait un rythme normal, l'alcool contenu dans leurs veines les engourdissant.

Les deux G's avaient eux aussi rejoint le pays des rêves, l'un sur l'autre, les mains jointes.


Le lendemain matin ce fut Gustav qui se réveilla le premier, la lueur du jour perçant à peine par les fenêtres tant il y avait eu de neige qui était tombée. Il était catastrophé : la pièce était dans un état lamentable, l'odeur qui y régnait était au-delà du fauve, et son arrière-train le faisait atrocement souffrir.

Et surtout, bon Dieu, pourquoi donc étaient-ils tous à poil ?

# Posté le samedi 17 janvier 2009 19:15

Modifié le samedi 17 janvier 2009 19:29

Les charmes plus ou moins discrets de la vie conjugale

Les charmes plus ou moins discrets de la vie conjugale
Ce texte était pour l'anniversaire de Manue ^_^
Pis bon comme il faut rendre à César ce qui est à César, je remercie la maman de Ex Mister Chéri, pour toute l'inspiration qu'elle m'a apportée pour écrire ce texte -- ;; *kof kof*



Lorsque Bill Kaulitz et Tom Trümper s'étaient rencontrés pour la première fois, tous deux avaient été frappés en réalisant l'existence de deux choses auxquelles ils avaient cessé de croire depuis bien longtemps. La première de ces deux choses était les sosies. La seconde était le coup de foudre.

Durant son enfance, un des camarades de classe de Tom lui avait raconté que le monde était composé de Matière et d'Antimatière (Tom entendait les majuscules rien qu'à la façon dont il prononçait). Tout le monde possédait son Antimatière en la personne de quelqu'un qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

Tom avait tout d'abord été enthousiasmé à l'idée qu'il puisse y avoir sur cette terre quelqu'un qui soit comme lui, trait pour trait.

Cependant il avait bien vite déchanté lorsque son copain lui avait appris que la Matière et l'Antimatière ne devaient absolument pas se rencontrer : si une personne venait à entrer en contact avec son sosie, il se produisait alors une énorme explosion qui les annihilait tous deux.

Non seulement cette histoire empêcha le petit Tom de s'endormir durant plusieurs mois, mais elle le poussa à guetter toute personne qui lui ressemblait de près ou de loin, et à s'en éloigner le plus vite possible.

Lorsqu'il était petit, Bill se prenait tout bonnement pour Narcisse. Il se trouvait absolument magnifique, et cherchait par tous les moyens à se mettre le plus possible en valeur. Il pouvait s'admirer pendant des heures, et ne se trouvait aucun défaut, à part celui d'être le plus idéal des individus ayant jamais foulé le sol de cette modeste planète que l'on appelle Terre.

En effet, lorsque l'on est sublime et que l'on est esthète, la compagnie des autres peut se révéler affligeante : bon sang, si seulement ils voyaient tous à quel point ils étaient moches... Et laids... Et affreux... Et horribles... Et pleins de tares...

Bill, qui avait tout de même un fond sociable et voulait se tirer de ces sombres pensées, eut une illumination : pour oublier la laideur des autres, il lui fallait trouver le Parfait. (Le Préciiiieuuux... Spéciale dédicace à Golum ! XD) Le Parfait, c'est-à-dire quelqu'un comme lui. C'est ainsi que pendant quelques temps, Bill rechercha avec ardeur quelqu'un qui lui ressemblerait complètement, et serait donc aussi beau que lui.

Bill croyait en sa beauté, mais il croyait aussi en la beauté du monde. Et comme il aimait les belles choses, il fut particulièrement intéressé par ce concept très diffusé autour de lui : l'Amour. Tout le monde en parlait, et disait qu'il était si beau, et rendait la vie si merveilleuse.

Bill se dit donc qu'il devait absolument rencontrer l'Amour, afin que le monde soit encore plus splendide. Il se pencha sur des montagnes de romans d'amour à l'eau de rose, regarda des heures et des heures de films romantiques.

Après cette étude approfondie du sujet, Bill parvint à la conclusion que l'Amour avait en effet l'air beau, mais qu'il y avait en particulier un certain type d'Amour qui paraissait bien mieux que les autres : l'Amour au premier regard. Quand on croise les yeux de la personne pour la première fois, et qu'en une seule seconde le monde bascule.
Bill prit comme résolution de rencontrer l'Amour par l'intermédiaire d'un coup de foudre, et se mit activement à sa recherche.

Pendant que Bill se la jouait spéléologue du sentiment amoureux, Tom espérait lui aussi rencontrer le coup de foudre, pour des motivations cependant légèrement différentes. La vérité, c'est que Tom avait peur des filles.
Les filles... Mon Dieu mais quelle horreur ! Toutes pleines de rose, de boucles, d'odeur de fraise synthétique, de peluches soi-disant « trop mimiiiiiiiies »... Vision cauchemardesque pour notre pauvre Tom qui était poursuivi par les bisous baveux qu'elles tenaient à tout prix à claquer sur ses joues.

Tom n'aimait pas les filles, et en était bien attristé. Il voyait ses parents si heureux tous les deux, ils s'aimaient si fort ! Il voulait être comme ses parents, et il voulait donc rencontrer la fille dont il tomberait amoureux au premier regard, avant d'avoir eu le temps de réaliser que, ben justement... elle était une fille.

Le temps passant, Bill et Tom grandirent. Ils arrêtèrent de croire au père Noël.

Tom cessa de craindre les gens qui lui ressemblaient.

Bill poussa, et, s'il se trouvait toujours aussi beau, il arrêta de s'en préoccuper et fit abstraction de l'imperfection des autres.

Tom n'eût bientôt plus peur des filles, mais ne rencontra par pour autant le coup de foudre, qu'il avait appris à désirer.

Il fut proprement dégoûté de la gente féminine après sa première histoire d'amour sérieuse, qui lui vit pousser des cornes. A dater de ce moment, Tom ne crut plus en l'amour et se demanda comment il avait pu ne pas prendre en considération son dégoût premier des filles... Les garçons, c'était tellement mieux ! Cependant, on ne l'y reprendrait pas à chercher à être amoureux.

Quant à Bill, il prenait la beauté où il la trouvait (au passage bien plus souvent dans un dos musclé que dans des poitrines fermes mais somme toute composées de graisse), et il abandonna l'idée d'un monde transformé par le simple fait d'être avec quelqu'un, d'autant plus quelqu'un qui aurait été spécial au premier coup d'½il.

Ils se rencontrèrent dans un centre de thalasso thérapie. Tom s'y trouvait car il avait gagné un concours organisé par une marque de wax qu'il affectionnait particulièrement pour l'entretien de ses dreads (concours auquel il ne se rappelait pas avoir participé, au demeurant).

Quant à Bill, c'était un cadeau qu'il avait reçu de ses parents au Noël précédent, et il n'avait trouvé le temps d'en profiter qu'au bout de plusieurs mois, plus exactement quatre mois et quinze jours plus tard, à savoir le 10 mai suivant.

L'histoire ne le dit pas, mais cette rencontre eut lieu à seize heures vingt précises. Tom venait de sortir du jacuzzi et s'apprêtait à sortir de la jolie pièce carrelée de bleu qui y était consacrée, et Bill s'y dirigeait pour se détendre suite à la douche à jets tonifiante qu'il venait d'essayer.

Tous deux avaient une serviette enroulées autour des cheveux, ce qui fait que lorsqu'ils tombèrent l'un sur l'autre au niveau de la porte, leurs faciès si semblables étaient clairement dégagés et leur sautèrent pour ainsi dire au visage.

Alors que Tom se recula dans un réflexe qui était devenu instinctif avec les années (et qu'il n'avait jamais vraiment réussi à perdre) et s'écria, pointant Bill du doigt, « l'Antimatière !! », ce dernier fit au contraire un pas en avant, son doigt désignant lui aussi son vis-à-vis, et s'exclama : « le Parfait !! ».

Leurs réactions opposées les surprirent, ils restèrent donc stupéfaits durant quelques secondes, puis éclatèrent de rire en même temps, et en chacun d'eux ce son s'élevait comme une douce musique.

Ils plongèrent leur regard l'un dans l'autre et surent tous deux avec une absolue certitude qu'ils ne pourraient plus jamais se passer de ce qu'ils voyaient. Ils avaient l'impression d'avoir été retournés de l'intérieur, et avaient clairement été heurtés de plein fouet par un sentiment d'une violence inouïe.

Ils passèrent ensemble le reste de la soirée, puis de la nuit, à parler, à se raconter leurs vies, à se dévorer des yeux, à s'apprivoiser. Leurs c½urs battaient du même rythme rapide, c'était le même serrement qui s'enroulait autour de leurs gorges et les mêmes papillons qui voletaient dans leurs ventres.

Ils se sentaient tout à la fois extrêmement nerveux et parfaitement à l'aise, le monde leur semblait transformé et plus rien d'autre n'existait que cet être qu'ils avaient en face d'eux, qu'ils venaient tout juste de rencontrer et qui pourtant était déjà vital.

Ils ne se quittèrent plus, et c'est ainsi que deux ans plus tard, jour pour jour exactement, ils s'apprêtèrent à organiser la pendaison de crémaillère de l'appartement dans lequel ils venaient enfin d'emménager ensemble.
Ces deux années s'étaient écoulées à une vitesse incroyable. Ils se sentaient divinement bien ensemble, comme si auparavant ils n'avaient été qu'incomplets.

Malheureusement Tom se trouvait confronté à un problème dans leur fabuleuse idylle. Ce problème s'appelait Alicia. Et ce n'était pas moins que la mère de Bill.

Avant de la connaître, Tom s'était toujours demandé d'où venait cette légende selon laquelle les belles-mères étaient des êtres perfides et mauvais. Depuis qu'il la connaissait, il se demandait comment les gens osaient se plaindre étant donné ce qu'elle lui faisait subir. Enfin « subir » n'était pas le mot adapté, parce que techniquement, et c'était peut-être là le plus frustrant, Tom savait que cette femme n'était pas méchante, n'avait pas un mauvais fond, et ne réalisait en fait sans doute pas la façon dont elle se comportait avec lui.

Elle était juste incroyablement curieuse (se mêlant de tout et surtout de ce qui ne la regardait pas), extrêmement maladroite (ce qui l'amenait à dire des choses blessantes sans qu'elle ne semblât en avoir conscience), et manquait singulièrement de confiance en elle.

Tom avait l'impression qu'elle cherchait sans cesse à le rabaisser et à expliquer au monde combien Bill était un être exceptionnel, et par là à quel point Tom ne le méritait pas. Ses piques étaient coutumières, et elle cherchait toujours à les comparer. Elle était d'une indélicatesse difficilement concevable, ne manquait jamais de pointer les éventuels manquements de Tom et de se mettre en avant.

Tom était follement épris de Bill, mais sa mère lui pesait vraiment. Bill tentait de rattraper le coup lorsqu'il assistait à une attaque trop directe, mais vivait déjà suffisamment de conflits avec sa mère pour que Tom ait envie de se plaindre à lui. Et pourtant, cela le démangeait plus souvent qu'à son tour.

Il se rappelait en particulier d'une fois où Alicia lui avait demandé de numéro de sa mère. Celle-ci était en effet dentiste, et il se trouvait qu'Alicia était sa patiente. Et qu'elle avait mal aux dents.

Tom, toujours prêt à rendre service, donna le numéro tout en sachant pertinemment qu'il y avait plusieurs semaines d'attente pour pouvoir obtenir un rendez-vous au cabinet maternel.

Il comprit cependant, en entendant la conversation téléphonique, qu'Alicia obtenait un rendez-vous hors horaires habituels pour deux jours plus tard (ce qui était le plus rapide possible étant donné que le lendemain était un mercredi, et que sa mère ne travaillait pas ce jour-là).

Lorsqu'Alicia raccrocha le téléphone, elle commenta : « Bon sang, ces dentistes ! Toujours prêts à vous laisser crever la gueule ouverte ! ». Cette remarque parut incroyablement déplacée à Tom, étant donné qu'Alicia savait parfaitement que sa mère était dentiste, et que de plus sa mère était SA dentiste !

Il vit rouge mais se contint. Il savait que s'il ouvrait la bouche on l'accuserait de manquer d'humour.

Il s'abstint aussi de faire remarquer que les diététiciens étaient sans doute tous des charlatans incapables de suivre leurs propres conseils. Alicia travaillait en effet dans le diététique, et de dire qu'elle était enrobée était un euphémisme.

Toutes sortes d'incidents du genre se reproduirent, et Tom parvint cependant à prendre sur lui. Il s'étonnait lui-même de ne pas encore avoir craqué et lapidé cette vieille sorcière, mais il faut dire qu'il tenait trop à Bill pour le perdre à cause de quelque chose, enfin plutôt quelqu'un, qui ne dépendait pas de lui : après tout, on ne choisit pas sa famille. (On ne choisit pas ses amis. D'ailleurs, on ne se choisit pas soi-même... (© Le Chat))

En ce 10 mai donc, Bill et Tom organisaient leur pendaison de crémaillère. Ils en étaient ravis, mais n'avaient cependant pas prévu une fête qui marquerait les esprits. Ils avaient convié leurs amis et proches dans l'après-midi, et comptaient bien pouvoir profiter de leur soirée en amoureux.

Tom passait en revue ce qui lui restait à faire avant que les premiers invités n'arrivent. Bill était sorti et il profitait donc de sa douche chaude détendante pour réfléchir aux derniers détails.

Il s'extirpa de la baignoire et entreprit de se sécher. Il enroula ses cheveux dans une serviette et lorsqu'il se redressa, la porte de la salle de bain s'ouvrit à la volée, et il frôla crise cardiaque ainsi que rupture d'anévrisme lorsqu'Alicia pénétra dans la pièce.

Il était comme statufié sur place, son cerveau incapable de gérer les données, et elle aussi marqua un temps d'arrêt. Il se sentit rougir de la pointe des pieds jusqu'à la racine des cheveux lorsqu'il sentit son regard qui passait son corps dénudé au rayons X.

Dans un sursaut, il couvrit sa virilité, et crut mourir de honte lorsqu'il dut demander à Alicia de quitter la pièce, étant donné qu'elle ne le faisait pas de son propre chef. Il ferma derrière elle et s'appuya contre la porte.
Pourquoi donc est-ce qu'elle était déjà là ?! Comment était-elle entrée ? Et pourquoi avait-il fallu qu'elle rentre dans la salle de bain ??

C'est tourmenté par ces questions ô combien existentielles qu'il s'habilla. Il prit appui sur le lavabo et se regarda dans le miroir, cherchant à refouler son malaise à l'idée de retomber sur elle. Il inspira profondément, et se résolut à sortir de son antre carrelée.

Il entrouvrit la porte, et regarda par la fente ainsi créée. La voie semblait libre, fallait-il se fier aux apparences ?
Il entrebâilla un peu plus la porte, et avança sa tête dans le couloir. Le chemin était dégagé, il saisit donc sa chance, s'élança et courut jusqu'à sa chambre. Il referma la porte derrière lui.

Bon, maintenant il allait falloir se calmer et se préparer à affronter la suite des événements. Il ne pourrait pas l'éviter éternellement. Il se parfuma, mit du déodorant, appliqua les dernières retouches à ses vêtements.
Une fois de plus il prit une longue, très longue inspiration, puis se résolut à affronter la bête.

Il se dirigea dans la cuisine, où il croisa très brièvement les yeux d'Alicia, qui n'affichait la moindre émotion ni ne fit le moindre commentaire, et trouva Bill derrière les fourneaux, le visage déformé en une grimace d'excuse donc la signification était clairement : « Arf suis désolé je suis tombé sur elle dans l'escalier elle a dit qu'elle venait pour aider j'ai passé cinq minutes à essayer de la faire gicler mais ça a pas marché elle est rentrée avant moi dans l'appart' j'ai pas pu te prévenir qu'elle était là en plus je pensais pas qu'elle irait à la salle de bain direct comme ça mais bon allez courage on se la tape jusqu'à la fin de la fête pis après elle se casse en tous cas suis désoleyyyyyyyy ».

Tom soupira, mais prit le parti de prendre son mal en patience. Ils apportèrent tous trois les dernières finitions aux préparatifs, puis déjeunèrent.

Les invités n'allaient pas tarder, et Tom annonça qu'il allait chercher Andreas. C'était un ami commun de Bill et Tom, ce qu'ils ignoraient avant de se rencontrer. Il s'était récemment cassé la cheville et souffrait donc de difficultés à se mouvoir, ce qui expliquait que Tom se soit proposé de le véhiculer.

Il fut content de partir, ce qui lui permettait d'échapper à Alicia et à ses remarques qui se voulaient drôles. De plus l'idée de faire le trajet avec son ami lui plaisait, cela leur laisserait un peu l'occasion de parler.

Le voyage lui sembla incroyablement court. Lorsqu'ils arrivèrent, ils entendirent de la musique sortir de l'appartement, et Tom en déduit donc que d'autres personnes étaient arrivées.

Il ouvrit la porte à Andreas et le laissa passer avec ses béquilles. Refermant la porte derrière lui, il entendit la voix aigue d'Alicia s'élever dans les airs « Oh mais voilà le plus beau ! C'est ce très cher Andy ! »

Tom savait qu'Alicia avait toujours rêvé d'avoir Andreas pour gendre (à défaut d'avoir une belle-fille), et cela se confirmait.

Pourtant, est-ce que c'était lui ou est-ce que ça ne se faisait pas de le faire remarquer en plein milieu de la pendaison de crémaillère de son fils avec justement un autre homme qu'Andreas ? Autre homme qui était présent ainsi que la majorité de ses amis ?

Affichant un sourire pour le moins crispé, Tom apparut à la suite d'Andreas. Il loua d'un sourcil ironique le noble effort de Bill pour tenter de rattraper la situation (« Ah euh mais euh moi je trouve que c'est Tom le plus beau hein ! ») et entreprit d'aller saluer toutes ses connaissances.

Il ne retomba pas sur Alicia et passa un très bon moment à discuter avec des gens qu'il n'avait pas vu parfois depuis longtemps. Arriva alors le moment où Bill et lui devaient faire un petit speech qui marquerait le départ pour tous ceux qui voulaient partir.

Il se rapprocha de Bill, et lorsque celui-ci tapa sur un verre avec une cuillère afin d'attirer l'attention, le bruit décrut rapidement, du moins jusqu'à ce qu'une fois de plus la voix d'Alicia ne se fasse entendre : « Oh oui mais je ne comprends vraiment pas, c'est vrai que du premier abord on peut croire qu'ils se ressemblent vaguement, mais laissez-moi vous dire qu'en ce qui concerne euh disons « l'équipement viril », et bien j'en ai eu la confirmation pas plus tard que ce matin : le pauvre garçon n'est absolument pas aussi gâté par la nature que mon fiston. D'ailleurs je pense que Bill aimerait bien qu'il en ait une plus grosse, quand même. »

Tom sentit alors la terre s'ouvrir sous ses pieds, et son plus grand regret fut qu'elle ne l'engloutît pas, ce qui le força à voir tous les regards gêné de ses connaissances ainsi que de celles de Bill peser sur lui. Sans expression sur le visage, il se redressa, tourna les talons, partit dans sa chambre sans un mot, ferma la porte à clé derrière lui, et s'allongea sur le lit, l'esprit vide.

Il écouta Bill venir frapper à la porte, demander à entrer et s'excuser. Tom ne répondit pas. Il était en quelque sorte touché que Bill cherche à se faire pardonner alors que somme toute ça n'était pas de sa faute.

Il tendit l'oreille et entendit alors Bill repartir se débattre avec tous les invités, les mettre plus ou moins promptement dehors ; il faut dire que la plupart étaient disposés à partir d'eux-mêmes.

Il l'entendit crier sur sa mère, il entendit la porte claquer derrière elle. Bill revint frapper, et soupira lorsque Tom ne répondit pas. Il s'éloigna et commença à ranger l'appartement.

Tom n'était pas assez amer pour lui laisser tout faire tout seul, aussi se leva-t-il et quitta-t-il la chambre pour l'aider. Bill fit un pas vers lui lorsqu'il le vit entrer dans le salon, mais son regard le dissuada de continuer son geste.
Tous deux s'afférèrent en silence, et Tom aurait voulu se vider l'esprit en se concentrant sur sa tâche ; cependant rien n'y faisait, il entendait la voix criarde d'Alicia s'élever dans son crâne, le dénigrant devant tous. Cela lui évoqua vaguement ce cauchemar connu où l'on se retrouve nu devant toute sa classe.

Lorsque le plus gros fut rangé, il alla dans la cuisine faire la vaisselle de ce qui avait déjà été débarrassé. Bill finit d'apporter toutes les affaires, et il s'approcha de Tom par derrière, saisissant ses mains tremblantes et trempées.
Il posa le menton sur son épaule, contourna quelques dreads, et murmura des mots apaisants à son oreille, lui répétant combien il l'aimait et à quel point il était parfait à ses yeux.

Tom se détendit peu à peu, et soupira. Il savait bien tout ça. De plus il se foutait de l'opinion d'Alicia, mais il ne comprenait pas comment elle pouvait agir comme elle le faisait. Et il aurait aimé ne pas être affecté par ce qu'elle faisait.

Mais après tout elle était la mère de la personne qu'il chérissait le plus au monde, aussi ne pouvait-il s'empêcher d'espérer s'entendre avec elle. Quelque part.

Mais ce n'était pas ce qui comptait. Ce qui comptait, c'était Bill, et ce que Tom pouvait lire dans ses yeux. Il s'y noya avec plaisir après avoir tourné la tête, et envoya Alicia bouler dans le coin le plus reculé de son esprit, où elle put en toute tranquillité faire connaissance avec la théorie de l'Antimatière.

Et puis bon, ni le ridicule ni la honte ne tuaient, il s'en remettrait, d'autant que les personnes présentes n'avaient sans doute pas apporté grand crédit à ce qui avait été dit. Et de toutes manières il avait bien mieux à faire que de se préoccuper de ce que cette vieille peau pensait.

Par exemple il pouvait se concentrer sur la bouche qui butinait son cou. Ou sur la main qui caressait de la paume son ventre en de grands cercles concentriques apaisants, pour ensuite se hisser sur la pointe des doigts et se faire plus aguicheuse, descendant de plus en plus bas.

Tom mit un point d'honneur à finir ce qu'il était en train de faire, pendant que Bill prenait un malin plaisir à le tourmenter. Tom se cambrait sous les caresses de Bill, il tremblait et haletait, et n'avait qu'une envie, balancer ce qu'il avait dans les mains et se retourner pour l'embrasser sauvagement.

Mais il voulait pousser Bill dans ses derniers retranchements, et il était aussi bien agréable d'être ainsi caressé et embrassé, autant en profiter.

Bill était partout sur lui à la fois, il l'effleurait, il le faisait gémir ; il était divin. Mais Tom ne voulait pas céder tout de suite. Il s'amusait d'entendre Bill souffler de frustration dans son cou.

Bill, excédé, finit par rincer les mains de Tom et le retourna contre lui. Il s'empara voracement de sa bouche et passa ses mains mouillées sous son t-shirt, laissant une agréable traînée fraîche derrière ses caresses.
Tom noua ses bras autour du cou de Bill et y enfouit son visage, s'imprégnant des son odeur si réconfortante et plaisante.

Les mains de Bill passèrent dans son dos et ils se serrèrent, se balançant lentement, concentrés uniquement sur l'autre.

Tom releva son visage et s'approcha de Bill, tout doucement. Leurs regards étaient plongés dans celui de l'autre, et ils s'avancèrent lentement l'un vers l'autre, joignant leurs lèvres.

Le contact était doux, chaud et apaisant. Tom ouvrit la bouche, et avança sa langue tout en se rapprochant de Bill, dont les lèvres s'écartèrent.

Leurs langues se rencontrèrent, se caressèrent, tourbillonnèrent en une danse dont le rythme devint de plus en plus rapide. Et excitant.

Les mains de Tom étaient crispées sur le cou de Bill, et appuyaient, cherchant à approfondir toujours plus le contact. Celles de Bill s'élevèrent et vinrent saisir en coupe le visage de Tom, les pouces caressant gentiment ses joues.

Tom se détendit et sourit dans le baiser. Ils s'éloignèrent et se regardèrent de nouveau, souriant, les joues rosies, le goût de l'autre dans la bouche.

Tom serra de nouveau Bill dans ses bras, et entreprit de recouvrir son cou de baisers. Bill ferma les yeux et laissa sa tête partir en arrière. Ses mains caressaient le dos de Tom sur toute sa longueur, s'attardant particulièrement dans la nuque et dans le creux des reins, ce qui tirait à Tom des frissons irrépressibles.

Ce dernier se concentra sur la peau fine et douce sous ses lèvres, l'embrassa, la mordilla, la lécha. Bill sentait si bon, et sa sensibilité était exacerbée : il réagissait de façon terriblement excitante au moindre contact.

Tom caressa son torse et vint saisir les bords de son t-shirt, avant de le tirer par-dessus sa tête. Il se recolla contre Bill et sentit sa chaleur au travers de son propre vêtement, que Bill lui enleva.

Bill lui lécha le lobe de l'oreille et passa des mains dans ses dreads, ôtant l'élastique qui les retenait en une vague queue de cheval.

Tom plaqua ses mains à plat sur le torse de Bill, et pinça ses tétons. Bill cria de surprise, puis de plaisir lorsque Tom remplaça par sa bouche l'une de ses mains. Il faisait aller et venir le sensible bouton de chair entre ses lèvres.
Tom passa à l'autre mamelon, puis descendit tout le long du torse de Bill, qui avait fermé les yeux et prenait appui sur l'évier derrière lui.

Lorsque la bouche de Tom parvint au niveau de la ceinture du pantalon de Bill, celui-ci se mit à gémir. Ses hanches se lançaient spasmodiquement vers l'avant, et ce mouvement incontrôlé mettait Tom dans tous les états.
Il défit la ceinture de cuir de Bill et entreprit de déboutonner son jean noir. Bill geignait, le priant d'aller plus vite.
Tom sourit et accéda à la demande : il tira d'un coup sec sur les vêtements de Bill et l'en débarrassa.

Il se trouva alors face à son corps entièrement dénudé. Il se pencha et sa bouche se connecta à son nombril, pendant que sa main venait jouer sur son étoile tatouée. Il fit descendre son visage, et sortit la langue afin de lécher le sommet du sexe en érection de son amant.

Il se dirigea ainsi vers la base, puis remonta. Il déposa des baisers tout le long, puis sur le sommet, et referma alors sa bouche autour du membre chaud qui pulsait.

Bill gémit, et Tom saisit fermement ses hanches avant de commencer à lui appliquer un doux va-et-vient. Sa langue courait sur le sexe tendu, s'attardant sur les points sensibles, léchant le gland et le frein avec ferveur.
Une douce plainte mélodique s'échappait des lèvres de Bill, et Tom ne se lassait pas de ce son.

Une de ses mains glissa pour venir rejoindre sa bouche, et il appliqua ses mouvements de plus en plus rapidement, enfonçant le membre de Bill dans sa gorge aussi loin qu'il le pouvait.

Ses mains de Bill volèrent sur son crâne, accentuant le mouvement. Mais bien vite Bill saisit le visage de Tom et le força à s'arrêter. Il le remonta vers lui et captura ses lèvres.

Tom se perdait dans le baiser tout en profitant du corps dénudé qui était collé contre lui. Bill l'avait saisi aux épaules, et laissait ses ongles aisés s'enfoncer dans son dos puis parcourir son torse, jusqu'à atteindre le pantalon trop large qui enserrait les hanches de Tom.

Bill traîna un doigt sur la taille de Tom, le faisant frissonner. Il défit sa ceinture, et déboutonna son pantalon avant de le lui ôter.

Les mains de Bill frôlèrent son membre encore recouvert puis vinrent saisir ses fesses. Tom passa ses bras autour du cou de Bill et enroula ses jambes autour de sa taille.

Ils gémirent lorsque leurs sexes entrèrent en contact, simplement séparés par le tissu fin du caleçon de Tom.
Portant Tom, Bill fit demi-tour et marcha jusqu'à la table, où il déposa délicatement sa charge.

Il se pencha à l'oreille de Tom, lui murmura qu'il l'aimait, son souffle chaud le chatouillant. Il déposa de très légers baisers tout le long de son cou, puis dériva sur une épaule qu'il mordilla.

Il descendit sur le torse, se délectant de la façon dont le souffle de Tom accélérait sous le passage de sa bouche. Il sentait si bon, et sa peau était si délicieuse...

Ses mains glissaient le long de l'intérieur tellement doux des bras de Tom.

Il s'agenouilla tandis que Tom se penchait en arrière, prenant appui sur ses mains, ses yeux plus foncés qu'à l'accoutumée plongés dans le regard de Bill, qui se lécha très suggestivement les lèvres, l'éclat de son piercing apparaissant brièvement, promesse de caresses enivrantes.

Bill retira à Tom son dernier vêtement.

Il embrassa l'intérieur de la cuisse de Tom, partant du genou et remontant vers l'aine. Il le sentait trembler sous lui, et la façon dont il se cambrait lui apparaissait comme un pur et simple appel au viol.

Tom gémissait, et la tendresse qu'il lisait dans le regard de Bill emplissait son c½ur d'une douce chaleur.

Cependant derrière cette tendresse se trouvait aussi une lueur perverse, parfaitement aguichante.

Le souffle de Tom se bloqua lorsque la bouche de Bill se posa sur son sexe. Elle était chaude et sa douce humidité l'entourait de la plus agréables des façons. Elle l'engloutit totalement, et Tom se sentit partir.

Il oubliait toujours à quel point Bill était bon, la façon dont il arrivait à lui faire perdre complètement les pédales. A quel point il était dingue de lui.

Bill lécha entièrement son sexe, appliqua quelques va-et-vient, fit tourner sa langue, appliqua fermement son piercing et profita des gémissements de Tom.

Il l'entendit vaguement protester lorsqu'il se détacha de lui, mais toute velléité de protestation disparut lorsqu'il porta sa main à sa bouche et entreprit de se lécher les doigts un par un, murmurant entre chaque le nom de Tom, dont les orteils se crispèrent.

Bill se repencha en avant, reprit en bouche le sexe de Tom et approcha de son entrée son index humide. Il le massa doucement puis inséra tout doucement son doigt, attentif à tout signe éventuel de douleur de la part de son amant.

Celui-ci gémissant de plus belle, Bill commença un lent va-et-vient au terme duquel son majeur rejoignit son index.
Il sentit Tom se crisper doucement, et accentua ses mouvements sur son sexe jusqu'à ce qu'il se détende.
Tom se pencha un peu plus en arrière et se cambra autant qu'il le put, et les doigts de Bill atterrirent directement sur sa prostate, lui faisant voir des étoiles. Il chercha à s'empaler sur eux, et bien vite Bill finit par ajouter son annulaire.

Tom se tordait sur sa main, il se cambrait, gémissait et transpirait. Quelque chose se serra dans le ventre de Bill à se spectacle, et il se releva pour prendre Tom dans ses bras et lui murmurer à l'oreille qu'il l'aimait, qu'il l'aimait et qu'il le voulait.

Pour toute réponse Tom s'allongea sur la table et ouvrit les jambes, ses mains soutenant ses genoux. Il avait l'air étrangement fragile, ainsi mis à nu, et le c½ur de Bill se serra à cette vision.

Il aurait voulu protéger Tom du monde extérieur, l'enfermer dans son c½ur pour l'entourer de son amour, et qu'ainsi il ne souffre plus, jamais.

Tom le regarda et se mordit la lèvre, et Bill se pencha au-dessus de lui pour l'embrasser. Il saisit son sexe, l'approcha de l'entrée de Tom, et s'enfonça en lui tout doucement, petit à petit, s'arrêtant pour murmurer à l'oreille de Tom dès que celui-ci se crispait.

Une fois entièrement enfoncé il se recula et admira Tom, qui avait les sourcils froncés et le visage tendu. Il ne put s'empêcher de se coller contre lui et de le dévorer de baisers.

Tom se sentait délicieusement rempli. Il adorait ne faire plus qu'un avec Bill, et il aurait voulu que cette situation dure toujours. Il rendit ses baisers à Bill et se cambra, l'enjoignant de commencer ses mouvements.

Bill se retira un peu, puis se renfonça avec délices. Tom était incroyablement serré, et le plaisir faisait tourner la tête à Bill.

Les mains de Tom vinrent sur les épaules de son amant, qui entama un doux et lent va-et-vient. Tom se détendait peu à peu, et Bill se perdait dans sa chaleur et son étroitesse.

Les mains de Tom se serrèrent et il se cambra, et les coups de Bill vinrent directement heurter sa prostate, ce qui le fit hoqueter de plaisir.

Ses yeux s'ouvrirent grand, et il se perdit dans le visage si magnifique de Bill. Il sentait son amour pour Bill déborder, le submerger, trop grand pour être contenu en lui.

Lorsque les larmes s'échappèrent de ses yeux et se mirent silencieusement à couler sur ses joues, Bill s'arrêta, interdit. Pour rien au monde il ne voulait blesser Tom, et il ne pensait pas lui faire si mal.

Il esquissa un geste pour se retirer tout en s'excusant, mais Tom l'attira à lui et se contracta autour de lui le plus fort qu'il le put, et c'est la voix hachée par les sanglots qu'il lui dit qu'il avait besoin de lui, et qu'il devait continuer.
Ils se tinrent incroyablement serrés l'un contre l'autre, puis Bill se souleva et reprit ses mouvements, tout en caressant Tom sous lui.

Les larmes de ce dernier se tarirent, et un sourire se dessina peu à peu sur son visage. Ses mains montèrent jouer dans les cheveux de Bill, et ses jambes se nouèrent autour de sa taille, l'enfonçant plus profondément.
La sensation des mains de Bill qui le touchaient, et de son sexe qui allait et venait en lui, le remplissant, les faisant ne faire qu'un, tout cela le rendait fou.

Il se cambra et le plaisir arriva par vagues de plus en plus fortes tendit que Bill heurtait sa prostate. Il gémissait de plus en plus, ses hanches décollaient à la rencontre de Bill.

Ils se perdirent dans le regard de l'autre, et lorsque Bill se pencha sur son épaule pur lui dire, la voix entrecoupée de gémissements, qu'il l'aimait, Tom manqua d'air et fut laissé pantelant par la violence de l'orgasme qui le terrassa.

Bill, qui le sentit se répandre entre eux, secoué de spasmes qui l'enserraient follement, jouit à son tour dans un râle libérateur.

Ils retrouvèrent peu à peu leur respiration, redescendant de leur plaisir, et Bill déposa son front sur celui de Tom. Leurs regards ne se détachèrent pas lorsqu'ils se sourirent et se murmurèrent dans un même souffle qu'ils s'aimaient.

Ils se promirent qu'il ne fallait jamais se laisser gâcher un 10 mai.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 19:32

Modifié le samedi 17 janvier 2009 19:43

Farces ou friandises ?

Farces ou friandises ?
31 octobre 1993

« C'est bon les garçons, vous êtes prêts ? On y va ! »

Bill et Tom Kaulitz étaient deux frères jumeaux, qui avaient quatre ans et deux mois. Quand vous leur demandiez leur âge, ils levaient vers vous d'adorables frimousses absolument et rigoureusement identiques ; puis l'un des deux (vous n'étiez capable de déterminer lequel que si vous regardiez l'initiale qui ornait son pull) hissait sa main, repliant son pouce sur sa paume qu'il gardait face à lui. Le second opérait à sa suite le même geste. Le premier recommençait alors, mais avec l'autre main, jetant un regard agacé à son frère, qui se faisait un plaisir de lui aussi montrer son autre main en cachant son pouce, avec un sourire un peu narquois sur le visage. Vous aviez donc face à vous deux diablotins, deux bouches (plus ou moins souriantes ou grimaçantes en fonction de l'étape, pourvues de petites dents aigues), quatre yeux à éclairs, et seize mignons petits doigts qui vous séparaient d'eux, tels des barreaux.

Bill et Tom Kaulitz étaient donc deux frères jumeaux, qui avaient quatre ans, deux mois et leur propre petit monde. Voilà une heure que leur mère avait entrepris de leur faire enfiler les déguisements qu'elle leur avait fabriqués et de les maquiller : aujourd'hui c'était Halloween, et elle tenait à ce qu'ils se déguisent.

C'était la première année qu'ils étaient à Loitsche ; Simone et Jörg avaient en effet décidé de venir y vivre : ils ne s'entendaient plus si bien, et espéraient que s'éloigner de la vie urbaine stressante de Leipzig leur permettrait de se retrouver, et serait bénéfique pour leurs garçons.

C'est donc ainsi qu'ils étaient venus s'enterrer dans ce petit village perdu où les habitants ne célébraient sans doute pas cette fête païenne aux origines celtiques, d'autant qu'ici en Allemagne le 31 octobre est la fête de la réforme : l'Eglise elle-même en viendrait à distribuer des bonbons pour éviter que les enfants ne fêtent Halloween...

Simone avait vécu deux ans aux Etats-Unis, et comme elle aimait l'ambiance de ce jour étrange où les êtres surnaturels semblent plus à portée, elle voulait que cette date soit particulière pour ses enfants. Bien qu'il lui semblât évident qu'il était vain de penser qu'Halloween était fêtée à Loitsche, elle se réjouissait tout de même de voir que depuis quelques années c'était le cas un peu partout en Allemagne, contrairement à quand elle était enfant.

Elle était aussi ravie que le village tire une majeure partie de ses revenus de la production de carottes, ce qui faisait que le patelin avait une tendance marquée à user – et abuser – du orange dans la limite de ses frontières (notamment dans le cadre de la célébrissime fête de la carotte (©Stern), que l'on ne présente plus. Elle survenait suffisamment peu de temps avant Halloween pour que les décorations restent jusqu'à la date de cette dernière ; dans tous les petits villages, les décorations aiment prendre leur temps : celles de Noël restent jusqu'à Pâques, et font parfois de la rétention jusqu'au 15 août). Et qui dit Halloween, dit orange ! C'était donc déjà ça de pris.

Bill et Tom répondirent à l'appel de leur mère et surgirent en haut des escaliers ; ils marquèrent une pause importante avant de s'y engager, et les descendirent lentement, leurs petites jambes et leur sens de l'équilibre à l'½uvre. Ils avaient une main contre le mur, et posaient leurs deux pieds l'un après l'autre sur chacune des marches. Les deux frères étaient parfaitement synchrones : leurs mouvements périodiques concordaient exactement, à deux marches d'écart.

Ils étaient des jumeaux en parallèle, et non des jumeaux en miroir. Cela rassurait Simone : elle avait ainsi l'impression qu'aucun des deux n'avait l'ascendant sur l'autre (pour elle, prendre le rôle du gaucher signifiait nettement devoir subir plus de contraintes, et le devenir était donc le signe que l'on ne s'était pas imposé en vue de ne pas subir les dites contraintes.)

Elle s'était montrée très persuasive pour expliquer aux enfants qu'il était absolument hors de question qu'un accident dans les escaliers se produise dans cette maison (mise à la poubelle des biberons, punition lente et douloureuse, torture des doudous... Elle n'avait pas lésiné sur les moyens, et était satisfaite de voir que ses enfants prenaient grand soin à respecter cette principale règle, qu'elle ne manquait pas de leur rappeler périodiquement).

La maison sur deux étages, avec cheminée, pourvue d'un immense jardin planté de grands arbres et muni de balançoires, était un avantage indéniable qu'ils tiraient d'habiter au milieu de nulle part : l'immobilier n'y était pas cher, ils avaient donc pu s'offrir beaucoup d'espace. Les jumeaux pourraient pleinement savourer le fait d'avoir un étage rien que pour eux quand ils seraient plus grands.

Il est vrai qu'en arrivant les enfants avaient été assez réticents à la vue de toute cette place à laquelle ils n'étaient pas habitués (leur ancien appartement concourait dans la catégorie « minuscule ») et ils n'acceptaient toujours pas le fait d'avoir une chambre chacun. Enfin, ils l'acceptaient en ce qui concernait la gestion de l'espace personnel (comprendre : l'entreposage des jouets), mais ils n'arrivaient pas à dormir dans des pièces séparées. Aussi le lit de Bill avait-il rapidement été rapatrié dans la chambre de Tom, cette dernière étant légèrement plus grande (être l'aîné, même de dix minutes, peut procurer certains avantages vaguement arbitraires, de même qu'être le cadet dans d'autres situations).

Simone les laissait faire comme ils le souhaitaient pour l'instant : ils étaient encore petits, le déménagement les avait stressés, et ils sentaient bien qu'il y avait une tension entre leurs parents. Aussi Simone était-elle soulagée de savoir qu'ils avaient l'autre ; elle ne se sentait pas capable de les séparer en ce moment, étant donné que c'était une période délicate, et que leur frère était presque le repère le plus stable pour eux. Du moins, celui qui changeait le moins.

Elle soupira en voyant atterrir à ses pieds un tigre dont la queue tordue en tous sens évoquait plus Tigrou qu'un redoutable félin, et un Zorro affublé d'un masque de travers et d'une cape qui se faisait la malle. Elle s'agenouilla en branlant la tête et en réprimandant ses deux petits monstres préférés.

« Ah là là, vous savez vraiment pas vous tenir hein ! Bill vous êtes maquillés, je t'avais dit de ne pas te frotter le visage ! Et qu'est-ce que tu as fait à ta queue ? Elle est toute zigzagante ! Et toi Tom, c'est pas brillant non plus ! Regarde-moi ce masque et cette cape ! Et où est passé ton sabre ? »

Les petits diablotins affichèrent un air contrit, mais alors qu'ils baissaient la tête, ils échangèrent un sourire plein de connivence et d'espièglerie.

« Bon allez il est temps d'y aller, sinon on sera en retard ! A la voiture ! »

Simone regarda ses fils se précipiter à l'extérieur, malgré la pluie qui était battante. La jeune femme prit son sac, se rendit au salon où elle trouva Jörg devant la télévision. Il y passait plus de temps que dans la chambre conjugale, même lorsqu'il était à la maison, ce qui déjà était rare en soi : étant routier, il passait son temps à sillonner le pays.

Simone souffrait de solitude ; même si elle adorait ses enfants, ils ne comblaient pas le vide que laissait l'absence de son mari. Elle passait ses journées à la maison, s'occupant de ses garçons et de ses toiles. Si la peinture la faisait entrer en transe, elle n'en restait pas moins une activité hautement solitaire ; avec en plus l'entretien de la maison et l'éducation des enfants, Simone n'avait que peu de temps pour établir une vie sociale – d'autant que son mari n'y participait pas vu qu'il était absent – et faire des connaissances. Surtout qu'ils avaient ici le statut des nouveaux venus. Pire : des nouveaux venus qui arrivaient de la ville. (D'ailleurs les garçons en pâtissaient, ils avaient du mal à s'intégrer aux autres enfants du Kindergarten. C'était aussi très clairement de vrais citadins : ils n'aimaient pas particulièrement les champs et la campagne, et jamais ils ne se sentiraient « proches de la nature ».)

Jörg et Simone n'avaient pas encore atteint leur quart de siècle, mais elle avait l'impression d'avoir vécu durant des lustres et des lustres. Elle avait du mal à s'habituer à la vie ici bien que le rythme soit plus reposant, et elle aurait voulu que Jörg fasse plus d'efforts.

C'est pourquoi elle lui redemanda une ultime fois s'il les accompagnait. Elle voulait qu'il vienne, mais de lui-même, et non pas parce qu'elle avait insisté. Son c½ur se serra quand elle essuya un nouveau refus, auquel elle s'attendait pourtant.

Elle jeta un dernier coup d'½il à son mari, affalé devant la télévision, les lueurs bleutées du petit écran se reflétant sur son visage. Elle arrivait déjà à le visualiser ainsi dans quelques années, avec de petites différences notables qui ne manqueraient pas de survenir : la barbe de plusieurs jours, le ventre dû aux trop nombreuses bières,... Le laisser-aller.

Elle frissonna et se jura que si jamais cela arrivait, elle y mettrait un terme. Elle se rendit à l'entrée où elle prit son sac, dans lequel elle fouilla pour extraire les clés de la voiture. Elle se regarda dans le miroir, se ficha un sourire sur le visage, et, les yeux dans les yeux avec son reflet, elle réitéra sa promesse.

La porte d'entrée claqua derrière elle, ce qui créa un petit courant d'air, qui portait le rire des deux garçons. Jörg sentit le vent, mais n'entendit pas le bruit. Simone fit monter les enfants dans la voiture, et se délecta de ce son si joyeux qui l'accompagna durant tout le trajet.

**

« Bill il a eu peur-euh ! » Tom s'engouffra à l'intérieur de la voiture, suivi de près par son frère qui tentait vaguement de l'étriper.

« Même pas vrai d'abord ! »

Leur mère leur accrocha leur ceinture, puis s'installa à la place du conducteur.

« Si ! Hein Maman, pas vrai qu'il a eu peur Bill ? »

Simone mit le contact, et la voiture s'ébranla.

« Du calme enfin ! Moi aussi j'ai eu peur de toutes façons. Si j'avais su que c'était ça, l'Etrange Noël de Monsieur Jack, j'aurais attendu un peu avant de vous le faire voir. Mon ami qui organisait cette projection pour voir comment rendaient ses doublures faites maison aurait dû me le dire... Surtout que c'était la première fois que vous alliez au cinéma... Je ne veux pas que vous fassiez des cauchemars toute la nuit... »

« T'en fais pas Maman, si Bill il fait un rêve qui fait peur, je le protégerai. » Zorro bomba fièrement le torse.

« Gnagnagna ! Arrête de faire ton crâneur ! Si je fais un rêve qui fait peur, toi aussi tu le feras sans doute d'abord ! » Tigre pointa l'index vers celui qui signe son nom à la pointe de l'épée (d'un z, qui veut dire Zorro ! Zorrooooo...)

« Peut-être, mais moi j'aurai pas peur ! Toi tu faisais pipi dans ta culotte quand on voyait Monsieur Jack, ou Mademoiselle Sally, alors que c'était les gentils ! Trouillard ! » Zorro tira la langue.

« Oui mais toi tu avais peur de Oogie Boogie ! Mens pas, je t'ai vu te cacher les yeux ! » Tigre tapa du pied. Euh, de la patte.

« N'importe quoi, c'était les oreilles d'abord ! » Le visage de Zorro prit soudain une petite teinte carmin. « Enfin je veux dire... Ouais bon sa voix elle était toute bizarre toute grave et tout... »

« Ah tu vois ça faisait peur ! Pis y'avait tous les monstres de Halloween là, ils étaient tout moches tout pas beaux... »

« Ouais mais bon ils étaient tristes paske tout le monde préfère Noël et personne les aime. Ca doit pas être drôle pour eux. »

« Ui. Nous il faut qu'on les aime alors. Comme ça ils seront pas tristes. Pis nous au moins on aura plus peur. »

« Ui. On va faire comme ça. Y on aura plus peur. »

Les jumeaux se sourirent, satisfaits d'avoir trouvé une réponse à une question existentielle. Ils se prirent la main, et s'endormirent, bercés par les cahots de la route qui les ramenait de Magdeburg à chez eux.

**

Même si Simone savait qu'il était impossible de faire une tournée des bonbons dans Loitsche, elle apprit à ses enfants quelle était la démarche à suivre. Quand ils comprirent que des sucreries étaient à la clé, les jumeaux firent preuve d'un intérêt soudain et pour le moins intense.

Ils se ruèrent ensuite dans le salon, où ils demandèrent à leur père de faire un choix draconien : subir un mauvais tour, ou se délester de ses douceurs.

« Farce ou friandise ?? »

Ils envahirent l'espace personnel de Jörg, lui montant sur les genoux, le tirant vers eux. Le père éclata de rire et s'amusa avec ses fils pendant que Simone allumait la cheminée et assistait avec plaisir à la scène, un doux sourire aux lèvres.

Plus tard, lorsqu'elle aura couché ses deux petits démons favoris débarbouillés dans leur lit, gavés de bonbons et d'histoires de fantômes, le même sourire flottera sur son visage.

Elle refermera la porte derrière elle, et l'un des petits démons se glissera dans le lit de l'autre. Non pas qu'ils aient peur non, non, maintenant ils aiment les monstres de Halloween. Mais bon, peut-être que les monstres, eux, ne le savent pas.

Blottis ainsi sous les draps, les jumeaux sont en sécurité. Les monstres, le froid, le vent et les mauvaises choses ne peuvent franchir la barrière des couvertures.


31 octobre 1995

Deux ans avaient passé. Une nouvelle chose pouvant passer la frontière de la couette était apparue dans ce laps de temps. Elle était extrêmement effrayante. C'était la dispute ; la dispute, et les cris des parents.

Simone et Jörg s'entendaient de moins en moins. Quand tout plaisir à vivre avec son mari absent et inattentif la quitta, et qu'elle rencontra Gordon, Simone décida de tenir la promesse qu'elle s'était faite.

Sa relation avec Jörg s'était dégradée avec le temps ; il n'était jamais là et semblait se moquer de sa famille. Lorsque Simone le lui faisait remarquer, il le vivait comme un reproche.

Toutes leurs discutions avaient fini par se ressembler, notamment lors du final qui s'achevait invariablement par les hurlements et les larmes.

Bill et Tom avaient assisté à l'éloignement de leurs parents, impuissants à les réconcilier malgré leurs efforts pour être sages, pour ne pas les contrarier, pour les faire s'aimer.

Le cocon de confort du lit avait été violé par les cris, les hurlements, les reproches. Par les mots de désamour.

Bill et Tom ne voulaient pas que Papa et Maman se disputent. Ils ne voulaient pas qu'ils ne s'aiment plus.

Mais Papa avait fini par partir en claquant la porte. Maman avait pleuré, et leur avait expliqué qu'elle les aimerait toujours, et que Papa aussi les aimerait toujours, mais que Papa et Maman ne s'aimaient plus ; ça arrivait, chez les grands, que l'amour pour la personne qu'on avait promis de chérir jusqu'à la mort s'éteigne.

Bill et Tom ne voulaient pas que Papa et Maman se séparent. Ils ne voulaient pas qu'ils ne s'aiment plus.

Mais ils avaient compris qu'on ne leur demanderait pas ce qu'ils en pensaient, et qu'on ne ferait pas ce que eux voulaient.

Maman ne leur avait pas non plus demandé leur avis lorsqu'elle avait fait entrer Gordon dans la maison.

Bill et Tom ne voulaient pas d'un nouveau papa, ils en avaient déjà un. Gordon était gentil, mais il ne sentait pas comme Papa. Sa voix ne résonnait pas comme celle de Papa. Gordon n'était pas Papa.

Mais Gordon était là, alors il faudrait bien faire avec. Il avait proposé de leur apprendre la musique, et l'idée leur avait plu. Il voulait leur faire apprendre la guitare, ou le clavier.

Tom aimait la guitare. Elle était belle, elle était douce, et elle chantait pour lui.

Bill n'aimait pas les instruments. Ils n'étaient pas conciliants, ils ne se pliaient pas à sa volonté, et leur son n'était jamais celui qui était dans sa tête.

Pour autant il n'était pas rejeté des cours de musique de Gordon, et ça lui faisait plaisir. Il essayait de progresser, mais préférait regarder faire Tom et se concentrer sur ce qui naissait dans sa tête quand il l'écoutait.

Il ne serait pas jaloux quand Tom recevrait sa première guitare, une jolie guitare toute simple, un peu grande pour lui. D'ailleurs jamais il ne serait jaloux des guitares de Tom, toujours plus nombreuses et plus luxueuses, suivant ainsi la ligne directrice de la collection de Gordon (laquelle finira par être dépassée). Les guitares de Tom rendent Tom heureux, alors elles rendent aussi Bill heureux.

Jörg avait quitté la maison, Gordon y était entré, et il avait apporté avec lui la musique. Simone appréciait que ses enfants se tournent vers un domaine artistique, ça les rapprochait d'elle.

Aujourd'hui c'était Halloween, et elle avait fait les choses en grand pour que les garçons passent une bonne journée. Elle savait que ces derniers temps avaient été difficiles pour eux aussi. Elle regrettait de les rendre malheureux.

Alors pour les distraire elle avait mis le paquet sur la décoration de la maison. Elle était allée acheter de fausses toiles d'araignées, une citrouille qu'elle avait creusée et sur laquelle elle avait évidé un visage, afin qu'en mettant des bougies à l'intérieur un visage apparaisse. Elle avait aussi fait griller avec du sel les pépins qu'elle avait extraits. Elle avait enfin fait un bon petit stock de bonbons, et d'histoires de sorcières à lire au coin du feu.

Elle avait passé du temps à tout mettre en place, et après le goûter elle avait préparé les enfants avec les costumes qu'elle avait faits. Bill était maintenant un fantôme des plus convenables et Tom un squelette des plus convaincants.

Ils venaient d'ailleurs tous deux de débouler dans la cuisine.

« Maman, farce ou friandise ? » La questionna le fantôme.

Simone rit.

« Si on se déguise à Halloween c'est un peu pour ne pas être reconnu ! Donc il ne faut pas m'appeler Maman. »

« Ah, d'accord. Madame, farce ou friandise ? »

Simone ne put s'empêcher de nouveau de sourire.

Bill fit la moue. « Mais-euh, arrête de te moquer ! Sinan ça sera farce ET friandise ! »

« Oulà non non surtout pas ! J'ai passé beaucoup de temps à tout préparer, hors de question que vous me jouiez un mauvais tour ! C'est juste que je n'ai pas l'habitude de voir des fantômes si polis. Allez donc dans le salon je vous retrouve avec les douceurs tout de suite. »

Le squelette tira le fantôme à sa suite, et cela fit plaisir à Simone de voir qu'ils étaient tout excités. Elle les rejoignit, les bras chargés de victuailles diverses.

« Bon attendez un peu, je vais allumer le feu, puis la lanterne, et on éteindra les lumières, et vous aurez le droit de vous goinfrer de sucreries pendant que je vous raconterai des histoires. Ca vous va ? »

Les enfants battirent des pieds et des mains. Simone leur montra comment faire un feu, en disposant tout d'abord des morceaux de papier journal, puis du petit bois, suivi de bûchettes et enfin d'une grosse bûche qui surplombait l'édifice.

Elle leur recommanda de bien faire attention, le feu c'était dangereux et ça pouvait brûler très fort ; puis elle mit le feu au papier journal, et Bill poussa des cris de délectation.

« Ah, regarde Tom ! Les flammes elles sont bleues ! »

« Et alors ? Quand Maman fait la cuisine elles sont toujours bleues les flammes. »

« Oui mais non, regarde là ! Y'a du bleu et du vert, c'est trop beau ! »

Simone leur expliqua : « C'est à cause de l'encre du journal qui brûle, ça ne va pas durer. »

Elle utilisa le soufflet pour bien faire prendre le feu, et alla éteindre les lumières. Bill restait fasciné devant l'âtre qui rougeoyait. Simone vint s'asseoir sur le tapis avec ses fils et commença à leur raconter des histoires de morts-vivants, de revenants, de monstres.

Ils l'écoutaient, les yeux grands ouverts, tout en dévorant les pépins de citrouille et les bonbons.

La citrouille semblait elle aussi écouter les histoires, ses yeux cruels et sa bouche édentée luisant doucement dans la pénombre de la pièce.

Lorsque Gordon rentra à la maison, il vint les rejoindre dans le salon et mima certains personnages en créant des ombres avec ses mains. Les jumeaux furent très impressionnés, et les histoires prirent un jour nouveau.

C'était agréable d'être là et de se sentir en sécurité ; de savoir que les histoires restaient des histoires, et que les ombres restaient des ombres. Mais maintenant, les jumeaux savaient qu'il y avait dans le monde réel d'autres choses bien plus effrayantes.

Cette nuit-là, ils ne résistèrent pas à l'envie de dormir tous les deux, aussi Bill quitta-t-il sa chambre pour aller s'installer dans le lit de son frère ; ils s'endormirent main dans la main, le ventre rond, et la tête pleine de monstres qu'ils avaient promis d'aimer, il y avait longtemps de cela.


31 octobre 1997

Le temps avait passé, Bill et Tom avaient grandi. Ils avaient passé l'âge de raison, et avaient décrété qu'ils ne voulaient plus qu'on les prenne sans cesse l'un pour l'autre. Etre différencié de son frère à cause de ce qu'il y a marqué sur son pull, ça va pendant sept ans, mais au-delà ça commence à bien faire.

Tom avait continué la guitare avec enthousiasme, et il se débrouillait chaque jour un peu mieux. Gordon continuait à l'aider et à lui prodiguer ses conseils, mais il lui laissait aussi une très grande liberté, ce que Tom appréciait.

Bill s'était quant à lui tourné vers les paroles et le chant. Des idées de chanson lui trottaient souvent dans la tête, ou même de simples phrases qui lui paraissaient musicales. Il traînait donc partout avec lui de petits carnets où il les notait, de son écriture enfantine un peu maladroite.

Il n'avait pas tout à fait abandonné le clavier, mais ne s'y adonnait qu'en dilettante. Il avait décidé que son instrument serait sa voix : même si elle ne produisait pas nécessairement le son souhaité, au moins ne pouvait-il pas la jeter par terre de dépit.

Et chanter était agréable. Ca le faisait sortir de lui, son souffle prenait une autre dimension, il se sentait plus plein, plus vivant.

Bill et Tom s'adonnaient donc avec plaisir à la musique, chacun à leur façon, mais rarement chacun de leur côté. Ils tentaient de petites expériences musicales, encouragés par leur mère et par Gordon.

Trois personnages importants pour Bill avaient fait leur apparition dans la vie des jumeaux.

Le premier était Andreas. Ce petit garçon venait d'arriver de la ville, et il aimait bien jouer avec Bill et Tom. Ceux-ci n'avaient jamais eu une vraie chance auprès des autres enfants du village, qui avaient un peu peur d'eux tellement ils se ressemblaient, et qui avaient été poussés par leurs parents à ne pas les côtoyer, puisque les parents des jumeaux étaient mal perçus (vous avez vu, le mari n'était jamais là, et elle a eu vite fait de le remplacer ! Le divorce n'était pas encore prononcé que déjà le nouveau concubin était dans la place. M'a toujours parue bizarre cette bonne femme moi, faire des gribouillages c'est pas un métier...).

Andreas était un petit garçon bizarre et joyeux, le genre à bien s'entendre avec tout le monde ; d'être en contact avec lui avait permis aux jumeaux de se rapprocher des autres.

Le second personnage était Scotty, le chien que Bill avait fini par obtenir à force de supplications. Scotty était une valeur sûre ; il répondait toujours à votre appel, était toujours prêt pour un câlin ou une promenade, et il n'était jamais rancunier même quand vous lui criiez dessus qu'il n'était qu'un idiot (ce qui n'est pas le cas d'un frère jumeau).

Bill et Tom étaient tous les deux de fortes têtes, et ils ne se laissaient marcher sur les pieds par personne, pas même par l'autre.

Leur relation était excès et passion : ils passaient presque tout leur temps ensemble et n'aimaient pas être séparés. Ils s'adoraient, mais ils se disputaient aussi très régulièrement, et en venaient souvent aux mains. Ou aux pieds. Ou aux dents. Etait souvent de la partie tout objet à portée (resteraient dans les annales une bataille à coups de poêles et une autre où était intervenu un skate, lequel avait valu à Tom une cicatrice au niveau du sourcil. Suite à cet indicent les jumeaux avaient tenté de réfréner leurs ardeurs guerrières, mais tout de même : rien ne valait une bonne petite dispute fraternelle de temps à autres. D'autant que les mots peuvent faire aussi mal que les poêles et autres skates).

Autant ils extériorisaient leur énervement envers l'autre, autant ils n'avaient pas le besoin de s'exprimer leur amour, sauf parfois pour se réconcilier. L'autre était la moitié d'eux-mêmes ; Bill ne comprenaient pas comment faisaient les gens qui n'avaient pas de Tom, et Tom ne comprenait pas comment faisaient les gens qui n'avaient pas de Bill. Jamais ils ne se le disaient, mais chacun savait que l'autre aussi le pensait.

Enfin, la troisième personne importante ayant fait son apparition dans la vie de Bill n'était autre que son premier amour, et rien de moins que la femme de sa vie. Elle était belle, elle était brune, et Bill aurait été prêt à tuer pour elle (mais pas à mourir ; la seule personne pour laquelle il vaut la peine de mourir à huit ans, c'est soi-même : c'est Tom. Et lorsqu'on est prêt à mourir pour quelqu'un à huit ans, on sera prêt à le faire pour le reste de sa vie. Le tout est que le quelqu'un soit aussi prêt à mourir pour vous, mais ce n'était dans ce cas précis qu'une formalité : Tom était prêt à absolument tout pour son petit frère).

Cette fille fascinait Bill et il pouvait passer des heures et des heures à l'écouter sans jamais se lasser. Elle faisait briller ses yeux et faisait voler son âme. C'était une déesse parmi les mortels, et il avait été touché par sa grâce divine.

Nena était à la fois son idole et son modèle.

Pour leur dernier anniversaire Simone avait offert des cd aux jumeaux, et si Tom avait bien aimé le sien, Bill considérait que l'album qu'il avait reçu n'était rien de moins qu'une révélation quasi mystique : il lui avait permis de découvrir Nena. Il le connaissait déjà par c½ur et voulait tout savoir sur cette chanteuse dont la voix le charmait et les paroles l'éblouissaient.

Tom ne voyait pas ce que Bill trouvait de si génial à Nena, mais il ne trouvait pas ça trop mal (pour ce que c'était ; Tom n'était basiquement pas tellement attiré par ce genre de musique). Mais il laissait Bill s'enflammer autant qu'il lui plaisait, tout en se tournant plus vers ses propres centres d'intérêt, dont le dessin et tout ce qui se rapportait au graphique.

Tom acceptait donc les trois personnages, en leur accordant lui-même plus ou moins de place dans son c½ur.

Ce soir ses deux préférés étaient à la maison. Scotty était en train de piquer un petit somme dans sa niche (une tresse orange et noire en lieu et place de collier), et Andreas avait été invité à découvrir Halloween chez les jumeaux. Il était venu déguisé en tortue Ninja (en Raphaëllo plus précisément).

Tom trouvait ça un peu ridicule : une tortue Ninja, ça ne collait pas à l'esprit d'Halloween, mais bon puisqu'Andreas ne connaissait pas ce n'était pas étonnant qu'il ne soit pas tout à fait dans le ton.

Simone et Gordon avaient accepté qu'Andreas vienne passer l'après-midi avec eux. Les jumeaux s'étaient déguisés en attendant qu'il arrive (Bill, en pleine période de révélation musicale, avait tout d'abord voulu se déguiser en rock star (en devenir une était son but ultime), mais comme ce n'était pas dans le ton de la fête, il était finalement en chauve-souris, alors que Tom s'était transformé en mort-vivant plus vrai que nature grâce au faux sang que leur mère avait dégoté).

Andreas avait fini par arriver, et ils avaient aidé Simone à décorer la maison : avec les années il y avait de plus en plus de choses à installer, notamment une sorcière au nez crochu perchée sur son balai, qui retenait d'une main son chapeau pointu (prétendument emporté par la vitesse à laquelle elle était censée voler) ; Simone avait trouvé cette véritable poupée (qui était aussi grande que les jumeaux) dans une brocante, et c'était une mission que de la suspendre sous le porche de la véranda.

Les garçons avaient grignoté les pépins que Simone avait fait griller pendant qu'elle finissait d'évider la citrouille, et elle avait demandé à Tom d'aller préparer le salon pendant que Bill et Andreas l'aidaient à placer les bonbons dans des paniers.

Tom se rendit au salon où il rajouta une grosse bûche dans le feu. Il alluma la télévision puis le magnétoscope, dans lequel il inséra la cassette de l'Etrange Noël de Monsieur Jack. Leur mère était tombée dessus plusieurs mois auparavant, mais les jumeaux n'avaient pas encore eu le droit de revoir ce film dont ils ne se souvenaient pas très bien, mais qui les avaient marqués.

Tom alla éteindre les lumières et s'installa confortablement dans le canapé. Soudainement, sa vision se trouva obscurcie.

« Qui c'est ? » lui demanda une voix visiblement (auditivement même) travestie par son propriétaire.

C'était un jeu auquel Bill adorait jouer, même si Tom devinait que c'était lui à chaque fois. Tout en lui lui indiquait lorsque Bill était à proximité, donc d'autant plus s'il le touchait. Il aurait reconnu la voix et les mains de Bill entre toutes.

Cette fois-ci, c'était d'autant plus facile que les mains de Bill sentaient (tout comme celles de Tom) la clémentine : Simone en avait acheté un petit cagot deux jours auparavant et avait réquisitionné les jumeaux pour qu'ils en fassent de petites lanternes qui, une fois qu'elle auraient un peu séché tout en contenant de l'huile et seraient donc aptes à fonctionner, pourraient accompagner la grosse lanterne citrouille.

Aucun d'eux ne s'était vraiment révélé très doué : c'était assez délicat à réaliser, mais peut-être qu'avec le temps ils y parviendraient mieux. Ils s'étaient donc rabattus sur la consommation à haute dose de ce petit fruit rondouillard qu'ils aimaient tous deux.

Pour Tom, la clémentine était, avec les feuillages rougissant, le symbole même de l'automne, et c'était une des raisons qui lui faisaient aimer cette saison pourtant un peu triste : elle amenait les journées de plus en plus courtes, l'approche de l'hiver et du froid, la brume et le brouillard. Mais c'était une saison confortable : dès que la nuit commençait à tomber plus tôt, ça voulait dire que les soirées au coin du feu n'étaient pas loin.

« C'est Bill, » répondit Tom.

« Raté ! » Tom haussa les sourcils.

« C'est Super Chauve-Souris ! » Bill, ravi de sa petite feinte, retira ses mains et vint s'installer à côté de Tom, le sourire aux lèvres. Celui-ci sourit à son tour, révélant une dentition où manquaient quelques dents (Simone y avait collé de l'adhésif noir).

Simone et Andreas pénétrèrent à leur tour dans le salon, les bras chargés de friandises, qu'ils déposèrent sur la table basse. Simone alluma la lanterne citrouille et les mini lanternes clémentines qui avaient réchappé du massacre des jumeaux. Elle s'assura que tout était bien en place, et laissa les enfants devant le dessin animé qui commençait.

**

Andreas était reparti, et les jumeaux s'étaient préparés à aller se coucher. Ils savaient qu'à Halloween leur mère était particulièrement permissive, et ils en profitaient pour rallonger la soirée, chaque année un peu plus.

Tom entra dans la chambre de Bill sans frapper et s'approcha du lit à tâtons.

« Bill ? Bill, tu es où ? »

« Par là. » Le chuchotement de son frère permit immédiatement à Tom de se guider. Il arriva au lit et s'y allongea, et Bill referma les couvertures sur eux.

« Ca t'a pas dérangé qu'Andreas soit là ? » Bill avait l'air un peu inquiet.

« Hein ? Ben non pourquoi ? »

« Je sais pas, c'est un peu un truc qu'on avait rien qu'à nous, les gens font rien de particulier à cette date, alors je voulais pas que ça t'embête. »

« Hey mais c'est mon ami aussi Andreas ! »

« Oui mais c'était mon idée de l'inviter. Et aussi, peut-être bien que, ben, peut-être bien que c'est mon meilleur ami. » Bill attendit la réponse de son frère, tendu.

« Si c'est ton meilleur ami, alors c'est mon meilleur ami aussi. »

C'est ainsi que, sans qu'il le sache, Andreas fut sacré meilleur ami des jumeaux.


31 octobre 1999

Le temps avait passé, et les pôles d'intérêt des jumeaux avaient continué à diverger (chacun développait ses propres domaines de compétence), la musique mise à part. Et comme c'était leur principale occupation à tous deux, ils restaient plus proches que jamais.

Ils avaient mis au point de petites compositions. Bill écrivait des multitudes de textes pendant que Tom s'entraînait à la guitare. Ils cherchaient ensuite tous les deux à mettre ceux qui leur plaisaient le plus en musique.

Bill continuait vaguement à essayer d'utiliser le clavier, mais il s'entraînait surtout sur sa voix, d'autant que Tom arrivait à faire une mélodie à la guitare de ce que Bill lui chantonnait.

Tom essayait de pousser Bill vers la guitare, il lui montrait lui-même comment s'y prendre, mais Bill s'énervait très vite de ne pas y arriver (ce qui quelque part arrangeait Tom ; il n'était pas très patient de nature, et même s'il était prêt à tout pour son frère, il était soulagé que celui-ci ne prenne pas un malin plaisir à enchaîner fausse note sur fausse note).

Les petits carnets de Bill se remplissaient, le répertoire de Tom s'agrandissait. Ils songeaient de plus en plus à monter un groupe (en plus Gordon pourrait les conseiller) ; c'était sûr, un de ces jours, ils iraient recruter des membres à Magdeburg.

Leur amitié avec Andreas avait fleuri, mais les autres enfants n'étaient toujours pas vraiment la tasse de thé des jumeaux. Deux semaines auparavant ils avaient tous deux échangé leur premier baiser avec la même fille, à un jour d'intervalle, et n'avaient pas franchement compris pourquoi on en faisait toute une histoire.

Les filles étaient jolies, mais on ne s'amusait pas trop avec elles. Les garçons avaient plus de potentiel, mais seul Andreas était vraiment sympa. Et puis de toutes façons, aucune compagnie n'égalait celle de la personne qui était l'autre moitié de votre vie.

Un nouveau membre avait fait son apparition dans la famille Kaulitz. C'était Kasimir, un chat noir aux yeux d'un vert profond, qui brillaient dans le noir (ou du moins qui en donnaient l'impression). Tom l'adorait ; autant Bill était très chien, autant Tom était très chat. Il trouvait que les chats avaient une classe et une indépendance qui faisaient défaut aux chiens.

Il aimait que Kasimir aille et vienne à sa guise, et lui réclame des câlins seulement quand bon lui semblait. Entendre son ronronnement apportait à Tom lui-même une sensation de confort.

Cette année était une grande première ; Halloween allait être fêtée à Loitsche. En effet, une série de livres dont le héros était un sorcier orphelin rencontrait un succès grandissant en Europe, et y avait étendu la pratique de la célébration d'Halloween, et ce même jusqu'au trou perdu qu'était Loitsche.

Une tournée des bonbons était donc prévue, et Bill et Tom avaient préparé cette journée de longue date (choix des costumes à faire fabriquer par Simone et prévisions des mauvais tours à jouer aux radins – faire pourrir des ½ufs convenablement, ça prend du temps. Ils avaient même réussi à trouver de petits paniers en forme de citrouille pour recueillir leur butin).

Cependant, Bill n'allait finalement pas y participer. Le pauvre était en effet malade à en cracher ses poumons, cloué au lit par une fièvre trop élevée.

La veille il avait été amené (ainsi que Tom et Andreas qu'il avait traînés avec lui) par sa mère (qu'il avait mis du temps à convaincre) à Magdeburg, où Nena donnait une séance de dédicaces.

C'était toujours l'idole de Bill ; il avait réussi à trouver tous ses albums, et les connaissait sur le bout des doigts. Il se pâmait quand il tombait sur un clip d'elle à la télévision. Aussi quand il avait appris qu'elle allait venir à proximité de chez lui, il avait remué ciel et terre pour enfin se retrouver dans la même pièce qu'elle.

Ainsi donc s'était-il rendu à Magdeburg, où il avait attendu avec patience de pouvoir rencontrer Nena. Le hic était qu'il avait attendu dehors, sous une pluie battante. Bien qu'Andreas et Tom aient été avec lui, il était le seul à avoir attrapé une crève carabinée.

Le jeu en avait valu la chandelle (l'autographe de Nena était déjà affiché au dessus de son lit), mais il était déçu de ne pas pouvoir participer à la première vraie fête de Halloween du village.

Aux alentours de dix-huit heures, alors que la nuit était déjà tombée, Bill s'était traîné, telle la loque moyenne, avec sa couverture jusqu'au salon, et il s'était échoué sur le canapé.

Comme tous les ans Simone avait déguisé la maison, et les fausses araignées sur leurs toiles côtoyaient potirons, potimarrons et autres courges.

Elle avait fait des stocks de bonbons encore plus impressionnants que d'habitude : elle avait déposé la lanterne citrouille dehors, à côté de la sorcière, et attendait donc la visite des enfants qui ne manqueraient pas de passer.

On sonna à la porte d'entrée, et Tom, beau diable rouge, arriva de la cuisine pour aller ouvrir. Son regard se posa sur Bill, qui se sentait plus misérable que jamais.

Tom alla jusqu'à l'entrée et ouvrit à Andreas, déguisé en sorcier. Bill les entendit discuter un peu, et son c½ur se serra lorsque lui parvint le bruit de la porte qui claquait sans que son frère ne lui ait dit au revoir.

Il ferma les yeux et s'apprêtait à se laisser sombrer dans le même sommeil pesant qui l'avait déjà assommé durant tout l'après-midi, quand il entendit les pas de son frère revenir vers lui. Il ouvrit grand les yeux.

« T'as oublié quelque chose ? »

« Hein ? Non pourquoi ? »

« Ben pourquoi t'es pas parti avec Andreas ? »

Tom le regarda avec l'air de ne pas comprendre.

« Pas parti avec Andreas ? Comment ça ? »

Bill leva les yeux au ciel.

« T'es sûr que t'es pas malade toi aussi ? T'as un peu de mal. Parti avec Andreas, les bonbons, les autres enfants, farce ou friandise, Halloween, tout ça ? »

Tom sembla tomber de la Lune.

« Ah, ça ? Ben pourquoi j'irai ? »

« Euh parce que ça arrive qu'une fois par an et que c'est une bonne occasion de s'amuser ?... »

Tom haussa les épaules.

« Si tu viens pas ça a aucun intérêt, je préfère rester ici. »

Le c½ur de Bill se réchauffa. Il regarda son frère allumer le feu, les yeux brillants de fièvre, et se dit qu'un diable devant un âtre ça avait vraiment la classe. Bill avait toujours aimé le feu, mais ne comprenait pas bien pourquoi on l'associait aux enfers. Le feu était beau, et l'enfer était mal : pourquoi faire un lien entre les deux ? Mais là, son frère en diable était beau aussi, alors ça ne le dérangeait pas.

Tom éteignit les lumières, saisit les télécommandes ainsi qu'un grand saladier de bonbons. Il vint s'installer avec Bill sous sa couverture, et le regarda.

« Bon ben en avant pour l'Etrange Noël de Monsieur Jack ? Après tout il nous faut bien notre quota de monstres. Ca te va ? »

« C'est parfait. » Bill sourit, s'appuya contre son frère, ferma les yeux, et se laissa entraîner dans une douce torpeur, où se mêlaient les bruits du film et les crépitements de la cheminée.

**

Plus tard il sentit qu'on le soulevait. Il entrouvrit les yeux et se mit debout. Tom l'enroula dans sa couverture et lui dit de monter pendant qu'il rangeait le salon.

Les jambes un peu flageolantes, Bill se dirigea vers les escaliers qu'il entreprit de gravir. Il arriva essoufflé en haut des marches et fit quelques pas. Il fut soudain pris d'une sorte de vertige ; le couloir et ses portes dansaient devant ses yeux, et il se trouva strictement incapable de retrouver sa chambre. Il était perdu dans sa propre maison !

Il ouvrit la première porte à portée et soupira de soulagement quand il vit la chambre de Tom (après tout il aurait pu tomber sur la salle de bain ou les toilettes). Il entra et se dirigea vers le lit où il se laissa tomber.

Le lit de Tom sentait comme Tom, et c'était rassurant et confortable. Bill se sentit mieux, le monde retournait lentement à sa place.

Il entendit Tom l'appeler du couloir ; c'était sans doute qu'il trouvait étrange que Bill ne soit pas dans sa chambre.

Bill sentit que son frère le cherchait, et ça lui arracha un sourire. Quand il était malade, on pouvait être sûr que Tom était prêt à veiller sur lui jusqu'à ce qu'il soit complètement remis. En fait, Bill pensait que c'était la présence même de Tom qui l'aidait à aller mieux. Notamment la fois où Bill s'était retrouvé à l'hôpital suite à une piqûre d'abeille : il était certain que son séjour là-bas aurait été bien plus long si Tom n'avait pas été assis dans un fauteuil à côté de son lit, à lui tenir la main.

Bill pouvait toujours, toujours compter sur Tom pour prendre soin de lui. Cela lui fut une fois de plus confirmé quand il vit un diable inquiet pénétrer dans la pièce, accourant auprès de Bill après qu'il l'eût repéré.

« Bill ? Ca va ? »

« Moui, j'ai eu la tête qui tourne. »

« T'as besoin de quelque chose ? »

« Non non. »

« Ok bouge pas, je vais te faire une tisane. »

Bill ne put s'empêcher de rire. Il attendit sagement son frère, qui revint quelques minutes plus tard avec une tisane sucrée avec du miel et quelques bonbons. Bill n'avait pas faim, mais il avait un très gros faible pour les bonbons en gélatine, aussi ne put-il résister bien longtemps.

Pendant qu'il grignotait les sucreries, il regardait Tom se débarrasser de son déguisement et se préparer à aller se coucher. Il l'écouta se brosser les dents et l'observa se changer. Ils se ressemblaient vraiment beaucoup, Bill avait l'impression d'observer son propre reflet. Il se demanda s'il en serait toujours ainsi.

« Bon je fais quoi ? Je peux rester ou ça va te déranger ? Tu préfères que j'aille dans ta chambre ? » La voix de Tom le sortit de ses pensées.

« Non, reste, » geignit Bill. Tom leva les yeux au ciel et vint s'allonger auprès de son frère.

« T'as pas intérêt à me refiler ton truc hein ! » dit-il en tirant la langue.

Bill secoua la tête et se lova contre Tom.

« Dis Tom, raconte-moi une histoire. »

« Hein ? »

« S'il te plaît ? » Bill n'eût même pas à recourir aux yeux de chien battu (qui seraient à l'avenir si bien illustrés par le Chat Potté) : quand il était malade, Tom finissait toujours par céder.

« Ah euh. Bon. D'accord. Euh, il était une fois deux petits garçons qui avaient décidé d'aimer les monstres de Halloween et qui... »

Bill soupira de contentement et se laissa bercer par la voix de son frère, et il rêva des mille et une merveilles qu'il lui conta.


31 octobre 2001

A ce stade, il fallait s'y reprendre à deux fois pour voir que Bill et Tom étaient jumeaux : ils ne se ressemblaient plus du tout. Du moins, de loin. Cela faisait près d'un an que Bill se teignait les cheveux en noir corbeau ; il les coiffait avec du gel, testant toutes sortes de possibilités plus ou moins improbables.

Tom quant à lui se voyait muni depuis peu d'une multitude de petites dreads, qu'il adorait ; il aimait le style qu'elles lui donnaient. Elles nécessitaient beaucoup d'entretien, mais comme le simple mot « wax » le mettait en transe, il s'y pliait avec plaisir. Il aimait bien s'occuper de ses cheveux, d'autant plus si on ne s'en doutait pas en voyant le résultat.

Niveau vêtements, Bill tentait de customiser absolument tout ce qui lui appartenait ; pas un seul de ses pantalons ou de ses t-shirts ne s'en tiraient sans au moins une petite déchirure. Il avait plusieurs fringues assez extravagantes ou inattendues (notamment un kilt écossais rouge qui faisait toujours son petit effet).

Bill s'était aussi fait faire un piercing à l'arcade, et il estimait qu'il lui allait effrontément bien (Tom n'était pas loin de partager cette opinion). Bill mettait un point d'honneur à se distinguer de ses semblables, et ceux-ci le considéraient purement et simplement comme un extra-terrestre. Tom était d'ailleurs rangé dans la même catégorie : il était plus sobre dans sa sortie de l'ordinaire, mais il n'en sortait pas moins de l'ordinaire.

La musique continuait à avoir une place prépondérante dans leurs vies. Ils avaient enfin formé leur groupe, après avoir trouvé un bassiste, Georg, et un batteur, Gustav, qui avaient été séduits par leur style pour le moins original.

Ils passaient la majorité de leur temps à répéter tous les quatre. Ils avaient mis au point plusieurs morceaux et ne comptaient pas en rester là : ils se produiraient un jour, et la face du monde serait alors changée par les chansons de Devilish (c'était leur nom).

Tous quatre s'intéressaient à des styles musicaux qui pouvaient beaucoup diverger, mais ça ne comptait pas ; l'important, c'était qu'ils aimaient faire de la musique ensemble. Et pour aimer, ah ça oui, ils aimaient.

L'amitié des jumeaux avec Andreas continuait à prospérer (jalonnée parfois par de petites crises, mais quoi de plus naturel ?), et ils faisaient un effort pour s'ouvrir aux autres (mais bien souvent leur apparence en faisait reculer plus d'un ; le fait qu'ils aillent au collège de Magdeburg avait un peu fait changer les choses, mais pas tant que ça au final).

Depuis peu, Tom avait le béguin pour une fille de sa classe qu'il ne connaissait pas avant. Elle s'appelait Ann-Kathrin, et elle était blonde et menue. Sa bouche avait l'air d'avoir un goût sucré, et elle était toujours partante pour s'amuser.

Bill et Tom avaient tous deux eu de petits amourettes jusqu'ici, mais là Tom était très mordu. En plus Bill et Ann-Kathrin s'entendaient plutôt bien, alors pour lui tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Restait juste à faire d'elle sa petite amie.

Ce soir, tous les trois allaient se rendre à l'énorme fête de Halloween qu'Andreas organisait (ils seraient douze ça rigolait pas !). C'était Tom qui avait invité Ann-Kathrin.

Tom avait décidé de mettre le paquet sur son costume. Il était déguisé en bourreau, et sa fausse faux en papier d'aluminium était particulièrement réussie. Il regrettait un peu que son capuchon cache ses dreads, mais il trouvait qu'il avait tellement la classe dans ce déguisement que finalement ça n'était pas si grave.

Il avait mis un soin tout particulier dans sa tenue, et était plus que satisfait du résultat. Il se rendit dans la chambre de son frère pour voir où celui-ci en était. Bill avait prévu de se déguiser en vampire, et il avait fait les choses en grand.

Il avait hérissé ses cheveux corbeaux en piques sur sa tête, et était en costume sous sa longue cape noire. Il avait trouvé de fausses dents avec des canines pointues qui n'étaient ni trop grosses, ni trop difficiles à porter, ainsi que des lentilles de contact rouges.

Tom plissa les yeux : oui, il avait aussi dû emprunter le crayon noir de leur mère, parce que ses yeux étaient entouré d'un halo foncé qui les faisait ressortir. Tom devait avouer que ça lui allait drôlement bien.

« Alors Tom, qu'est-ce que tu en dis ? » Bill fit un tour sur lui-même, sa cape virevoltant dans son dos.

« Euh, je dirais : wow. »

« N'est-ce pas ? » Bill sourit largement, faisant apparaître ses longues canines. Un frisson parcourut l'échine de Tom, et il n'était pas bien sûr de savoir pourquoi. Il se secoua pour se débarrasser de cette drôle d'impression.

« T'es très bien Bill. »

« Merci. T'es pas mal non plus, » lui répondit Bill qui s'approcha et tira doucement sur une de ses dreads qui dépassait du capuchon. Tom n'aimait pas qu'on lui touche les cheveux, mais il ne s'écarta pas : tant que Bill continuerait à lui faire de si délicieux massages du crâne qui détendaient parfaitement son cuir chevelu malmené, il aurait le droit de tripoter les cheveux de Tom jusqu'à plus soif.

« Ca me va pas trop bien le crayon ? Ca me plaît carrément, je pense je m'en remettrai. »

Tom étudia le visage de son frère. C'est vrai que ça lui allait bien, mais ça n'allait pas l'aider à rentrer dans le moule.

Tom haussa les épaules. « C'est toi qui vois. »

« Quoi, pas de ''Arrête ton char ça fait trop fille'' ? »

« Non non. Ca te va bien. » Tom eut l'impression de se sentir rougir, et se c½ur se réchauffa à la vue du sourire que Bill lui adressa.

« Bon je finis de me préparer et j'arrive. »

Tom acquiesça et descendit au salon, qui comme tous les ans avait été décoré par les bons soins de Simone. Il se laissa hypnotiser par les flammes du feu, mais fut sorti de ses rêveries quand on sonna à la porte.

Il alla ouvrir et se retrouva face à une sorcière à pustules, dont les longs cheveux gris étaient piqués d'araignées. Il reconnut Ann-Kathrin sous le déguisement, et son c½ur fit un petit bond de joie.

« Des bonbons ou la mort ? »

Tom ouvrit grand les yeux.

« ''Ou la mort'', carrément ? Eh ben t'y vas pas avec le dos de la cuillère ! Comme je tiens à la vie je choisis les bonbons. »

Il l'invita à entrer, et lui tendit un saladier rempli de sucreries, où elle attrapa une petite boîte de Smarties, qu'elle entreprit méthodiquement de vider. Tom fit la moue ; lui n'aimait pas beaucoup le chocolat.

C'est à cet instant que Bill arriva du haut des escaliers. Tom trouvait qu'il avait carrément la classe.

« So queer my dear ! » s'exclama Ann-Kathrin. Tom lui lança un regard en coin, surpris. Bill quant à lui prit le parti d'en rire.

« Eh ben si même toi tu me le sers, je sens que ça va pas être triste. Mais bon c'est décidé, le khôl est adopté ! »

« Hey mais attends tu t'es même fait les ongles ?! »

« Et ouais, ça t'en bouche un coin pas vrai ? »

Le regard de Tom se vrilla sur les mains de son frère. Il s'était mis du vernis à ongle noir, et ça complétait très bien sa tenue. Ca lui allongeait les mains aussi, elles avaient l'air très fines comme ça.

Bill enchaîna : « Et comme ça aussi ça me plaît bien, je pense que je vais réitérer. » A son ton on entendait qu'il était décidé ; ça ne servait plus à rien d'essayer d'en discuter.

Bill, Tom et Ann-Kathrin souhaitèrent une bonne soirée à Simone et Gordon, et s'engouffrèrent dans le noir de la nuit.

**

En revenant de chez Andreas, Bill s'arrêta au niveau de la maison, et Tom raccompagna Ann-Kathrin jusqu'à l'arrêt de bus, où son père vint la chercher. Dans quelques mois, elle serait sa copine, et entre eux ça durerait ; Tom en était certain.

Plusieurs maisons étaient encore allumées, et certaines étaient même ornées d'une lanterne citrouille qui luisait doucement, sur leur porche ou derrière une fenêtre. Tom comprit pourquoi certaines personnes n'aimaient pas Halloween ; les yeux oranges semblaient vous suivre du regard. Tom lui adorait cette fête, et se réjouissait de voir toutes ces citrouilles.

Il repensa à la fête chez Andreas en rentrant chez lui. Bill avait fait son effet, et même si la majorité s'était accordée à dire que ça lui allait bien, il y avait bien eu des regards de désapprobation. Tom se doutait qu'à l'avenir Bill devrait faire face à plus malveillant que ça. Mais il trouvait que son frère avait raison de faire ce qu'il voulait, tant que ça lui plaisait.

Et Andreas avait été enthousiasmé, et seul son avis comptait pour Bill. Avec celui de Tom. Tout était donc parfait.

En entrant, Tom vit qu'il y avait de la lumière dans le salon et alla par curiosité y jeter un ½il. Bill était là, sa cape étalée derrière lui, à regarder le feu. Il avait allumé la télévision et Tom se doutait du film qui était prêt à être visionné. Il réalisa que ça lui aurait manqué, en cette soirée de Halloween, de ne pas passer un peu de temps en compagnie de ce cher Jack Skellington.

Bill se tourna vers lui et lui sourit en voyant qu'il avait l'air partant pour le dessin animé. Ils s'installèrent dans le canapé et profitèrent simplement de la présence de l'autre pendant que les images défilaient, bien trop vite leur sembla-t-il.

**

A la fin du film, il restait encore des bonbons, qui avaient réchappé de la tournée des enfants et de la petite séance de cinéma improvisée dans le salon. Les jumeaux les embarquèrent, et entreprirent de leur faire un sort, cachés sous les draps du lit de Bill, à discuter pendant la moitié de la nuit. De quoi ? Ils n'auraient su le dire.


31 octobre 2004

Tom retira son piercing au labret, en s'observant sans complaisance dans le miroir. Il se sentait vide et mort, à l'intérieur. Avec Ann-Kathrin, c'était fini. Elle l'avait trompé, et c'était donc fini.

A plus d'un titre, cette fille avait été sa première fois, et son c½ur était brisé en tant de morceaux qu'il se demandait comment et pourquoi il respirait encore. Pour la musique ? Les concerts qui l'avaient tant excité et l'avaient tant fait rêver ne lui semblaient qu'un souvenir fané, l'idée même de celui qui les attendait d'ici peu n'allumait qu'une petite étincelle en lui. Pour Bill ? Non, grâce à Bill.

Ses yeux restaient désespérément secs ; il n'arrivait même pas à pleurer.

En lui, tout était noir, tout était froid. Les ténèbres d'une nuit qui semblait éternelle coulaient dans son corps.

Il se sentait détruit, glacé, démoli, gelé, en ruines, et il tournait et retournait la situation dans sa tête. Il rationnalisait pour faire taire ses sentiments. Il pensait pour ne plus avoir à ressentir cette douleur qui lui lacérait le ventre et les entrailles.

Il avait toujours été celui d'eux deux qui réfléchissait le plus, et dont les sentiments étaient le plus profondément enfuis, sans pour autant être moins intenses. Quand Bill parlait du fait qu'ils puissent mourir, il le présentait sous la forme « si l'un saute, l'autre saute aussi ». Quand Tom pensait au fait qu'un jour, dans la plus horrible des réalités inenvisageables, Bill pourrait peut-être mourir en le laissant derrière, il avait beau tenter de réfléchir, de se projeter, de rationnaliser, rien n'y faisait : il se sentait juste transpercé par la pire des sensations qu'il ait jamais pu concevoir, et ne pouvait imaginer autre chose que de s'effondrer, raide mort, foudroyé de désespoir et de souffrance, déchiré de douleur.

Alors il se contentait d'en parler comme Bill le faisait.

Il était passé expert dans l'art de cacher ce qu'il avait dans le c½ur, que ce soit aux autres en se donnant un genre ou à lui-même en ne laissant parler que sa tête. Mais parfois, parfois, il ne parvenait pas à contenir ce flot d'émotions qu'il y avait en lui. Cela ne devait pourtant pas arriver. Il ne le laisserait pas arriver.

Depuis la rupture les jours se succédaient et se ressemblaient, fades, sans saveur, vidés de leur substance. Aujourd'hui c'était Halloween, et il savait qu'après cette journée orangée viendrait la grisaille et la tristesse de novembre. La douce et morne tristesse de novembre, ce mois qu'il aimait si peu mais qui s'assortirait si bien à son humeur. Noir.

Il n'avait envie de rien, et de ne rien faire. La joie lui semblait une notion lointaine et abstraite, dont il avait un jour connu le sens, mais qui aujourd'hui lui échappait.

Il retira son t-shirt et son pantalon trop larges, tout en continuant à se scruter dans le miroir. Il aimait se cacher dans ses vêtements, surtout maintenant qu'il avait envie de disparaître aux yeux du monde. Et il y arrivait presque : il voyait le moins de gens possible, et le moins de temps possible, sa famille incluse. Bill inclus.

Il observa de bas en haut son reflet presque nu, qui lui renvoya un regard éteint.

On frappa à la porte. Tom savait que c'était Bill.

« Dégage, je veux voir personne. »

Son frère entra tout de même, et quand Tom vit en quoi il était déguisé, il en resta complètement bloqué.

Bill était déguisé en Tom ; en Tom, qui se sentit soudainement abject, avec ses cornes et son frère qui s'était changé en lui pour Halloween, cette fête qui célébrait les monstres. Il savait que ce n'était pas pour cette raison que Bill s'était déguisé ainsi, mais il ne put s'empêcher d'y penser et se sentit au bord des larmes tant son c½ur se serra. Il fut pris d'un spasme et faillit éclater en sanglots.

Le visage de Bill se tordit. « Pardon. Je voulais me faire... » Bill baissa les yeux en détournant la tête sur le côté, puis rencontra de nouveau le regard de Tom. « Je voulais que tu te voies sourire un peu. Ca fait des jours que tu ne souris plus. Tu parles presque plus, non plus. J'ai plus peur de ton silence que des cris qu'on entendait il y a dix ans. »

Les lèvres de Bill se relevèrent bravement, sous la perruque de cheveux blonds foncés qu'il avait dû passer des heures à tresser. Il n'était pas maquillé aux yeux, mais c'était souvent le cas quand il restait à la maison ; par contre il avait fait disparaître ses grains de beauté et s'était dessiné ceux de Tom, et il avait aussi retiré son piercing au sourcil, ce qui était rarissime. Il avait aussi chipé un t-shirt et un pantalon de Tom, dans lesquels il nageait.

Il était une parfaite réplique de Tom, qui en resta scotché. Il était frappé de voir à quel point ils se ressemblaient encore, comme ils s'étaient toujours ressemblés et se ressembleraient toujours, et de voir à quel point le visage de Bill encadré de cheveux noirs lui manquait. Il était sonné de se voir dans ce visage qu'il connaissait si bien, et dont les repères qui le différaient du sien avaient été masqués. Bill et lui étaient faits pour être identiques, tout en étant le plus dissemblables possible.

Ils étaient faits pour être complémentaires, l'ombre et la lumière, le feu et la glace, les deux faces d'une même pièce. Tom le savait, et savait aussi qu'ils ne pouvaient pas y échapper. Que c'était pour cela qu'ils s'adoraient, et qu'ils se déchiraient.

« Tu sais très bien pourquoi je ne souris plus, Bill. Je veux pas parler, ni à personne ni à toi. Je t'ai dit de dégager. »

Le visage de Bill se referma, dur ; comme sa voix. « Tom, putain mais c'était qu'une fille. Une fille comme y'en a des dizaines. En plus elle avait rien de particulier, elle était pas si bien que ça, dans aucun domaine. Je vois vraiment pas ce que tu as pu lui trouver, ni pourquoi tu t'es accroché pendant si longtemps. Alors que toi et moi on est faits pour marcher au-dessus du monde. »

« Tu peux pas comprendre, t'étais pas amoureux d'elle. »

Soudainement les paroles de Bill frayèrent leur chemin en Tom et un monstre de fureur feula puis hurla en lui ; il se vit en train de se jeter sur Bill et de le frapper jusqu'à ce qu'il retire ce qu'il avait dit. Il se vit en train de lui crier dessus, de le secouer, de lui demander de lui rendre ce qu'il n'avait plus.

Au lieu de ça, et à sa grande surprise, il sentit ses genoux le lâcher. Il heurta douloureusement le parquet de sa chambre, toujours en caleçon, pris de spasmes incontrôlables. Il entendait des cris de désespoir insoutenables, et ce n'est qu'en sentant une douleur aux cordes vocales qu'il réalisa que c'était lui qui les poussait. Des sanglots déchiraient son corps, et il se sentit se rouler en boule sur lui-même.

Finalement, il n'avait pas pu tout contenir.

Il ouvrit les yeux et vit Bill, ce Bill étranger qui lui ressemblait trop, accourir vers lui, le visage inquiet, ses mains partout sur Tom, essayant de le prendre dans ses bras. Mais Tom le repoussait, il cherchait à tout prix à éviter le contact de son frère.

« Va-t'en, lâche-moi, lâche-moi ! Putain mais DEGAGE ! » Il lançait ses pieds et ses mains pour que Bill recule, mais celui-ci insistait et finit par prendre le dessus. Comme toujours ? Il prit Tom dans ces bras et l'enroula dans une étreinte ferme, le berçant doucement.

La voix de Tom se faisait de plus en plus faible. « Me touche pas, me touche pas... » Il tremblait et pleurait.

Bill se mit à lui chuchoter à l'oreille. « Putain Tom, mon Tom, mon Tom à moi, Tomi... Pourquoi tu... Pourquoi tu te mets dans cet état ? Elle voulait rien dire, elle voulait rien dire du tout... Arrête, arrête putain, arrête... Je suis là... S'il te plaît, je suis là... »

La plainte de Tom se changea en un long ''aaah'', entrecoupé de sanglots. Il cacha son visage dans le cou de Bill. Ses doigts s'accrochaient désespérément à lui, s'enfonçant dans son dos, le collant à lui comme s'il voulait qu'ils se fondent l'un dans l'autre. Il lui semblait que sa douleur n'avait pas de fond, et que rien ne pourrait apaiser sa peine.

Il sentit les mains de Bill sur son dos, tournant en des cercles apaisants. Bill était vraiment si familier. Son odeur, sa chaleur, son toucher ; tout éveillait en Tom une sensation de bien-être, qui lui donnait envie de se glisser dans une douce torpeur qui le mènerait à ce sommeil réparateur qui le fuyait depuis des nuits, alors qu'il restait allongé dans son lit, immobile à fixer le plafond.

Pourquoi Bill était-il Bill ? Parce que sinon Tom n'aurait pas été Tom. L'un n'allait pas sans l'autre, l'un n'était rien sans l'autre.

Tom se laissa bercer par son frère, ses sanglots se calmant peu à peu, ses larmes se tarissant. Il continuait à le serrer fort, sonné et dépité de se sentir si bien grâce à Bill alors qu'il allait si mal.

Bill saisit le visage de son jumeau entre ses mains et il le souleva, les faisant se regarder. Ils plongèrent leurs yeux dans ceux de l'autre. Tristesse et Colère se confrontèrent à Impuissance et Regret.

Ils se comprenaient sans parler, mais ça ne les empêchait pas de souffrir, ni de se faire souffrir aussi.

Les pouces de Bill commencèrent à errer sur les joues de Tom, touchant les grains de beauté qu'il avait reproduits avec minutie sur les siennes.

Tom frissonna, et fut violemment pris de l'envie irrépressible de voir son frère. Il imita le parcours de Bill sur le visage de ce dernier, frottant les petits points bruns qu'il savait ne pas devoir être là, et faisant apparaître ceux qui le devaient.

Ses mains remontèrent ensuite et se glissèrent sous la perruque de Bill, l'entraînant et la faisant tomber au sol. Il se sentit inexpliquablement et incroyablement soulagé à la vue des cheveux noirs qui apparurent. Il se sentait détendu, vidé de sa tension, purgé de sa peine.

En présence de Bill il se sentait toujours complet, entier, plein. Bill le remplissait de façon plus satisfaisante que tout ce qu'il pouvait y avoir d'autre, et même plus que la somme de tout ce qu'il y avait d'autre.

Cela le faisait à la fois se sentir si vivant, et pourtant si dépendant. Il savait que Bill ressentait la même chose. Ils n'étaient jamais si créatifs ou si heureux lorsque l'autre n'était pas là.

La vie de son petit frère était la chose la plus importante aux yeux de Tom, et aussi celle qui faisait naître le plus de choses en lui. Des choses parfois contradictoires, mais toujours violentes et passionnées. Oui, que ce soit le bonheur ou la douleur, les sensations provoquées par Bill étaient toujours celles qui étaient les plus prononcées.

Le brun était le centre du monde de Tom, et il réalisa une fois de plus à quel point il l'aimait, ce petit frère qui pouvait réduire son c½ur en miettes, mais aussi en recoller les morceaux à loisir.

Leurs yeux ne s'étaient pas quittés, et l'apaisement y avait fait son apparition. Bill eut un petit sourire.

« Farce ou friandise ? »

Tom haussa un sourcil interrogatif.

« Friandise, toujours. Mais là j'ai rien. Pourquoi ? »

Son frère ne répondit pas et se pencha en avant, ses lèvres venant doucement se poser sur celles de Tom. Le c½ur de celui-ci explosa, et la lumière se fit en lui. Tout devint clair, tout devint une évidence.

Bill se redressa puis resta immobile. Presque incertain.

Tom se décida très vite ; il se pencha à son tour et embrassa Bill, qui lui répondit. Leurs lèvres s'accordaient, devançant les désirs de l'autre.

Doucement, timidement, leurs langues se frôlèrent et entamèrent une danse lente et délicieuse. Ils se sentaient décoller, et bientôt leurs mains vinrent s'accrocher à l'autre, cherchant toujours plus de contact.

Embrasser son jumeau, c'était tellement plus que s'embrasser soi-même, de même qu'être Bill et Tom était tellement plus qu'être Bill ou Tom.

C'était tellement agréable de se trouver connectés de cette façon si peu familière mais qui paraissait pourtant si naturelle. C'était fort, c'était puissant, c'était unique. Comme ce que leurs c½urs ressentaient.

Leurs bouches se détachèrent doucement. Ils ouvrirent les yeux et fixèrent l'autre, se cherchant, se devinant, se lisant. Réalisant.

Tom ouvrit la bouche. « Tu te rends compte que si... »

Il fut brutalement interrompu par la main de Bill qui se plaqua contre ses lèvres. « Arrête de réfléchir. Tu réfléchis trop. Tu sais comme moi que c'est pour le mieux. Tu le sais, tu le sens. »

Tom hocha la tête et prit la main de Bill dans les siennes. Il en embrassa doucement la paume, les yeux dans ceux de Bill, et fut amusé de voir qu'il frissonnait.

« Te moque pas. » Bill retira sa main et se leva. Il tira Tom et l'entraîna vers le lit. Il retira son t-shirt et son pantalon immenses avant de l'y rejoindre.

Ils s'allongèrent, ramenèrent les couvertures sur eux et restèrent face à face, sans se toucher, simplement à se regarder. Des milliers de pensées couraient dans la tête de Tom, mais toutes s'évanouirent quand il sentit la main de son frère sur lui, puis sa bouche sur la sienne.

Tout s'était transformé en sensations, et il sentit à ses gestes que Bill y pensait depuis longtemps. Qu'il avait anticipé le fait qu'ils pourraient vivre tout cela, parce qu'ils étaient eux et que rien n'était jamais si fort que ce qu'ils provoquaient en l'autre. Parce qu'ils s'aimaient. A leur façon, parfois destructrice, mais toujours si intense.

Les mains de Tom se tendirent vers Bill pendant qu'il se perdait dans le baiser. C'était si bon de se sentir si complet.

La peau de Bill était chaude sous les doigts de Tom, qui couraient le long des épaules, du torse, du ventre qui s'offraient à lui. Il sentait la peau de son frère frissonner sous ses doigts, et c'était aussi excitant que ce que Bill lui faisait.

La bouche de Tom dériva vers le cou de Bill, pendant que ses paumes glissaient dans son dos, et il crut mourir d'excitation quand un gémissement franchit la barrière des lèvres de son frère.

Il gémit à son tour quand les mains de Bill vinrent caresser ses tétons. Bill le touchait exactement comme il fallait, là où il fallait, et Tom se sentait submergé de plaisir, tout comme il sentait que Bill l'était.

Il fit passer ses mains sur le ventre du brun, et le caressa du bout de ses doigts calleux. Bill gémissait de plaisir, et cela faisait un effet incroyable à Tom. Le corps de Bill chantait pour lui, chantait sous ses doigts, résonnant au moindre de ses gestes. La meilleure des guitares.

Jamais il n'avait ressenti autant de choses à la façon dont on prononçait son prénom qu'en ce moment. Il y avait de la supplique dans la voix de Bill, et Tom se jeta sur ses lèvres.

Ils s'embrassèrent fiévreusement, cherchant à se perdre dans l'autre, à oublier qu'ils étaient deux et non un. Ils se caressèrent, se découvrirent, en voulant toujours et encore plus.

Leurs mains se faisaient fébriles sur leurs corps, et ils se noyaient dans le regard de l'autre, à en perdre la raison. Ils n'en avaient pas assez, il leur fallait plus, plus vite, tout de suite. Ils étaient entraînés dans une spirale de plaisir, implacable et sans fin.

L'air leur manquait, leurs corps se couvraient de sueur.

Lorsque leurs mains passèrent la barrière des sous-vêtements, le plaisir prit une intensité nouvelle. Ils joignirent de nouveau leurs lèvres, tout d'abord tendrement, puis de plus en plus éperdument à mesure que leurs gestes se précisaient et s'accéléraient sur le sexe de l'autre.

Leurs bouches se séparèrent et leurs regards plongèrent l'un dans l'autre. Ils se sentirent emportés par un plaisir extrêmement puissant, et jouirent au même instant, prononçant le nom de l'autre en un gémissement éraillé.

Ils redescendirent doucement sur terre, récupérant peu à peu leur souffle. Bill saisit un mouchoir en tissu sur la table de chevet et les essuya sommairement. Il se colla ensuite tout contre Tom et le serra fort dans ses bras.

Ils profitèrent de la chaleur et de l'odeur de l'autre, leurs mains se touchant paresseusement. Il semblait à Tom qu'il ne pourrait plus jamais s'arrêter de toucher et de regarder Bill.

La somnolence finit pourtant par l'emporter, et il sombra dans un sommeil profond et sans rêve.

Lorsqu'il se réveillera, Bill et lui iront chercher des bonbons dans la cuisine. Ils iront dans le salon, où ils regarderont l'Etrange Noël de Monsieur Jack au coin du feu. Ils remonteront dans la chambre de Tom, iront dans son lit, et discuteront en mangeant des bonbons sous les couvertures. Ils parleront, parleront, parleront. Bill racontera ce qu'il a ressenti, et dira combien il est heureux que ça se soit concrétisé. Tom racontera ce qu'il a ressenti, et dira combien il est heureux de savoir qu'il pourra laisser tout cela derrière lui. Et ils parleront encore, toute la nuit, et toutes les nuits. Car ils ont encore toute leur vie pour découvrir et profiter d'à quel point ils sont tout pour l'autre, et même plus.

Tom n'oubliera jamais vraiment le chagrin qu'il a ressenti. Mais en ce qui concerne Ann-Kathrin, Tom doit bien le reconnaître : au final, Bill a bien fait de la lui voler pendant cette soirée pourtant pas si lointaine.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 19:45